Dans une tribune au ton résolument géopolitique, le député national Steve Mbikayi tire une lecture stratégique de la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis. Pour l’élu congolais, cet épisode s’inscrit dans une constante historique : lorsque Washington estime ses intérêts vitaux menacés, l’action directe devient un instrument assumé de politique étrangère. Panama, Irak, Iran, Chili ou Guatemala en témoignent, rappelle-t-il, en soulignant le caractère souvent unilatéral de ces décisions. Dans ce raisonnement, le dossier des minerais critiques de la République démocratique du Congo occupe une place centrale. Cobalt, cuivre, coltan et lithium constituent désormais un enjeu stratégique majeur pour les États-Unis face à la concurrence chinoise. Toute instabilité persistante à l’Est du pays est donc perçue comme une entrave directe à ces intérêts. Dès lors, estime Steve Mbikayi, les actions militaires attribuées au Rwanda et au M23 exposent Kigali à une lecture défavorable à Washington, en particulier sous une administration républicaine marquée par une diplomatie de rapport de force. La tribune se veut un avertissement politique : l’histoire internationale, écrit l’auteur, juge rarement avec indulgence ceux qui persistent à s’interposer durablement face aux intérêts stratégiques américains.
Tribune de Steve Mbikayi
Capture de Nicolas Maduro : une leçon pour Kagame
Le 3 janvier, les USA ont frappé au Venezuela. Cette opération rappelle une loi historique rarement démentie : lorsque Washington perçoit une menace directe contre ses intérêts stratégiques, il passe à l’acte. Panama en 1989 contre Manuel Noriega, Irak en 2003 contre Saddam Hussein, Chili en 1973 contre Salvador Allende, Iran en 1953 contre Mossadegh, Guatemala en 1954 contre Arbenz.
Venezuela en 2026 contre Maduro…
Une constante émerge : l’action décisive, souvent menée sous des administrations républicaines, relève d’un unilatéralisme assumé, où la force sert de langage diplomatique ultime.
Derrière les justifications officielles, démocratie, sécurité, lutte contre le narcotrafic, palpite toujours le même cœur stratégique : la sécurisation de ressources vitales. Pétrole, cuivre, terres agricoles, corridors commerciaux. L’histoire enseigne une leçon froide, presque mécanique : celui qui se dresse en obstacle durable devient un problème à résoudre.
C’est à cette aune qu’il faut lire le dossier congolais des minerais critiques. L’accord entre la RDC et les USA sur le cobalt, le cuivre, le coltan et le lithium dépasse le simple partenariat économique. Il incarne un pilier central de la stratégie américaine pour sécuriser ses chaînes d’approvisionnement, face à la concurrence chinoise.
Toute instabilité prolongée dans l’Est de la RDC, toute perturbation des zones minières ou des corridors logistiques, y est perçue comme une entrave stratégique majeure.
Or, les opérations militaires rwandaises et du M23 sur le sol congolais créent précisément ce risque. En alimentant l’insécurité, en retardant la normalisation, Kigali contribue objectivement à déstabiliser un environnement que Washington souhaite voir pacifié. L’histoire récente est sévère : peu de dirigeants ayant persisté à contrarier des intérêts américains aussi clairement identifiés ont échappé, à terme, à des pressions décisives.
Il serait dès lors périlleux pour Kagame de sous-estimer la dimension symbolique et politique de la relation avec Washington, surtout sous une administration rÃ

