Il fut pensé comme un choc d’équité territoriale. Le Programme de développement local des 145 territoires devait corriger des décennies de déséquilibres entre villes et campagnes, relancer les économies locales et ancrer le développement au plus près des populations. Conçu en 2021, salué par les partenaires internationaux, le PDL-145T se heurte aujourd’hui à une exécution heurtée et à des arbitrages budgétaires contestés. Dans un entretien sans détours, Christian Mwando : ancien ministre d’État au Plan et principal architecte du programme, retrace la genèse de ce projet structurant, détaille ses objectifs stratégiques et pointe les ruptures intervenues depuis 2022. Financements partiels, priorités déplacées, routes agricoles à l’arrêt : son diagnostic met en cause la cohérence de l’action publique et interroge la volonté politique. Pour l’élu d’Ensemble pour la République, la relance est possible, à condition d’un recentrage ferme sur les fondamentaux et du respect des budgets votés. Faute de quoi, l’ambition de développer la RDC à partir de ses territoires restera lettre morte.
Député national depuis 2011, ancien ministre d’État en charge du Plan, aujourd’hui président du groupe parlementaire d’Ensemble (Opposition), Christian Mwando parle du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T) avec la légitimité de celui qui en a conçu l’architecture. Dans un entretien dense, il déroule une analyse sans emphase, nourrie par l’expérience de la fabrique publique et la mémoire des arbitrages budgétaires.
À l’origine, rappelle-t-il, le PDL-145T naît d’un constat simple et brutal : l’abandon structurel du monde rural. « Les politiques publiques se sont concentrées sur les villes », observe-t-il, décrivant un déséquilibre ancien qui nourrit l’exode rural et creuse les inégalités territoriales. L’ambition initiale se voulait holistique : réduire les écarts spatiaux, relancer les économies locales, créer des revenus, promouvoir l’entrepreneuriat de proximité et transformer durablement les conditions de vie dans les 145 territoires. Un développement « à partir de la base », insiste-t-il.
Ancien président de la commission Infrastructures de l’Assemblée nationale, ex-ministre provincial des Finances puis du Budget et du Plan dans l’ex-Katanga, Pour nombre d’observateurs de la gouvernance du Katanga sous Moïse Katumbi, Christian Mwando fut l’homme d’une culture de résultats, ayant bâti à l’échelle provinciale des outils de mobilisation des recettes et instauré une orthodoxie financière qui a décuplé les ressources locales. C’est cette même logique qu’il dit avoir transposée au PDL-145T : planification, financement sécurisé, exécution encadr

