La nuit a basculé dans la tragédie dans l’est de la République démocratique du Congo. À Burutsi, village du territoire de Walikale, un glissement de terrain provoqué par de fortes pluies a enseveli habitations et occupants, faisant au moins une dizaine de morts et plusieurs disparus. Les secours improvisés s’organisent dans une zone déjà fragilisée par l’insécurité, tandis que l’axe routier stratégique Goma–Masisi–Walikale demeure interrompu.
Dans le silence lourd de la nuit, la colline a cédé. Vers 1 heure du matin, mardi 13 janvier, une importante masse de terre s’est détachée et a dévalé sur le village de Burutsi, situé dans la localité de Kashebere, au cœur du territoire de Walikale. Depuis la veille au soir, une pluie continue s’abattait sur la zone, saturant les sols jusqu’au point de rupture.
Selon des sources coutumières locales, les éboulis ont tout emporté sur leur passage : arbres, maisons et leurs occupants, surpris dans leur sommeil. « La terre a glissé d’un seul bloc », témoigne le chef du groupement Luberike, décrivant un paysage ravagé sur près d’un hectare, au fond de la vallée.
Un bilan humain lourd, des secours entravés
Le bilan provisoire fait état d’au moins une dizaine de personnes tuées et d’une autre dizaine portées disparues. Plusieurs blessés ont également été signalés. L’ONG Groupe d’action pour la protection de l’enfant fait état de lourds dégâts matériels et confirme la coupure du trafic sur un tronçon de la route Goma–Masisi–Walikale, enseveli sous la coulée de boue.
Au lever du jour, une fois les pluies atténuées, les habitants se sont mobilisés pour fouiller les décombres à mains nues, à la recherche des disparus. Les opérations restent toutefois compliquées par l’isolement de la zone et par sa présence sous contrôle de la rébellion AFC/M23, qui limite l’accès rapide des secours organisés.
Au-delà du drame humain, cet énième glissement de terrain rappelle la vulnérabilité persistante des zones rurales du Nord-Kivu face aux aléas climatiques, une fragilité accrue par l’insécurité chronique et le manque d’infrastructures adaptées.
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