L’alerte est lancée depuis Kinshasa, mais le message vise tout le pays. Lundi 12 janvier, deux membres du gouvernement originaires du Sud-Kivu ont choisi de parler d’une seule voix face à l’aggravation de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Floribert Anzuluni, ministre de l’Intégration régionale, et Alexis Gisaro, ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, ont échangé sur une situation qu’ils jugent préoccupante, tant sur le plan militaire que social. Au-delà du constat, leur prise de position est politique : refuser les lectures communautaires du conflit, dénoncer les tentatives de fragmentation interne et rappeler que l’absence de cohésion nationale affaiblit la réponse face à une guerre imposée de l’extérieur. Dans un contexte de propagandes concurrentes, les deux ministres entendent rassurer les populations du Sud-Kivu et affirmer que l’unité demeure le principal rempart contre l’agression et l’instabilité durable.
La rencontre s’est tenue à Kinshasa, loin des lignes de front mais au cœur du pouvoir politique. Les discussions ont porté sur la dégradation continue de la situation sécuritaire au Sud-Kivu, les souffrances des civils et les fractures communautaires que certains acteurs exploitent pour fragiliser le tissu social.
À l’issue de l’échange, Floribert Anzuluni a dressé un constat sans détour. La situation sécuritaire, a-t-il expliqué, se détériore fortement, en lien direct avec la guerre que subit le pays dans sa partie orientale. Une réalité qui, selon lui, ne peut être comprise sans tenir compte des dynamiques d’agression extérieure qui pèsent durablement sur la région.
Mais le cœur du message est ailleurs. Les deux ministres ont insisté sur la nécessité d’une réponse collective, fondée sur l’unité nationale et communautaire. L’objectif, a précisé Anzuluni, est d’agir de concert pour contribuer à l’amélioration de la situation, en dépassant les clivages internes.
Cette position vise à déconstruire un narratif persistant qui présente l’Est de la RDC comme un espace naturellement voué aux conflits communautaires. Une lecture que les deux responsables jugent dangereuse, car elle affaiblit la capacité du pays à faire face à l’agression. Sans cohésion minimale, a averti Anzuluni, la riposte nationale perd en efficacité.
Alexis Gisaro a, pour sa part, souligné la responsabilité particulière des leaders politiques issus du Sud-Kivu. Leur harmonie, a-t-il expliqué, constitue un signal politique fort adressé aux populations locales. Montrer que les représentants des communautés travaillent ensemble au sein du gouvernement est, selon lui, un acte de stabilisation en soi.
Dans un contexte où certaines propagandes cherchent à réduire la crise congolaise à un problème interne insoluble, les deux ministres réaffirment une ligne ferme : la paix et la sécurité passent par l’unité nationale, le vivre-ensemble et le refus de toute instrumentalisation des différences. Une posture alignée, rappellent-ils, sur la priorité donnée par le chef de l’État à la cohésion comme socle de la résistance nationale.
Infos27

