À Kananga, la lutte contre l’érosion prend racine dans le sol. Vendredi 16 janvier, la ville chef-lieu du Kasaï-Central a officiellement lancé le projet Juncao, une initiative de lutte anti-érosive fondée sur l’implantation d’une plante aux propriétés stabilisatrices reconnues. Le geste inaugural, à forte portée symbolique, s’est déroulé sur l’esplanade de la commune de Ndesha, en présence d’autorités provinciales, de techniciens et de nombreux habitants.
Porté par le gouvernement provincial, le projet s’inscrit dans une stratégie de développement durable et de résilience environnementale face à l’avancée inquiétante des têtes d’érosion qui menacent routes, habitations et terres agricoles. Sa mise en œuvre est assurée en partenariat avec la fondation Tshietshiam pour le développement, soutenue par le notable Clément Tshietshiam.
Le programme poursuit plusieurs objectifs : éradiquer les érosions, sécuriser les voies de desserte agricole, stabiliser les sols dégradés et, au-delà, stimuler des activités génératrices de revenus, notamment à travers la production de champignons comestibles. Une approche qui conjugue environnement et économie locale.
Sur le site du lancement, Clément Tshietshiam a procédé à des constats techniques, insistant sur l’urgence d’une réponse structurée face à un phénomène qui s’aggrave d’année en année. Présidant la cérémonie au nom du gouverneur de province, le directeur de cabinet du chef de l’Exécutif provincial a, pour sa part, vanté l’efficacité de la méthode Juncao, présentée comme une alternative crédible aux techniques traditionnelles.
« Dans la lutte anti-érosive biologique, la méthode Juncao affiche un taux de réussite de près de 98,09 %. Elle est nettement plus efficace que les approches classiques utilisant des sacs, le vétiver ou le bambou », a-t-il expliqué, mettant en avant la densité et la profondeur du système racinaire de la plante, capable de stabiliser rapidement et durablement les sols.
Au-delà de la réponse environnementale, le projet se distingue par sa dimension socio-économique. La valorisation agricole et la production de champignons ouvrent des perspectives nouvelles pour l’emploi local, en particulier pour les jeunes et les femmes du Kasaï-Central. À Kananga, la lutte contre l’érosion se veut désormais aussi un levier de développement.
Stony Mulumba, correspondant à Kananga

