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6 février, 2026 - 22:49:29
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Banyamulenge, la mise en scène d’une fausse victimisation [Edito]

Le fait est simple. Brut. Indiscutable. Des familles banyamulenge ont été déplacées de force d’Uvira vers Kamanyola. Pas par l’État congolais. Pas par l’armée régulière. Mais par les supplétifs armés du Rwanda, opérant sous le label désormais bien identifié de l’AFC/M23. Tout le reste n’est qu’un habillage. Une mise en scène. Une opération de falsification politique.

Car après la contrainte vient le mensonge. Après la déportation, la victimisation fabriquée. Kigali et ses relais rebelles ont lancé une offensive de propagande méthodique, destinée à inverser les responsabilités. Transformer les bourreaux en protecteurs. Les déplacés en instruments. La vérité en nuisance.

L’arrivée soigneusement médiatisée de Corneille Nangaa à Bukavu n’est pas un hasard. Elle est un acte politique. Un signal. Il s’agit de prendre le contrôle du récit, de cadrer les témoignages, de sélectionner les familles, de scénariser la douleur. Une stratégie cynique, déjà éprouvée, où l’émotion sert de paravent à l’agression.

Cette opération ne vise pas la protection des Banyamulenge. Elle vise leur instrumentalisation. Le calcul est froid : accuser les FARDC et les Wazalendo, salir l’État congolais, préparer l’opinion internationale à accepter l’inacceptable. Derrière les caméras, des cadres comme Moïse Nyarugabo ou Yannick Tshisola s’emploieraient à formater les discours. Rien de spontané. Tout est dirigé.

Mais cette mécanique se grippe. À Kamanyola, la parole des déplacés dérange. Elle contredit. Elle accuse à rebours. Ces familles ne parlent ni de massacres à Uvira ni de persécutions par l’armée congolaise. Elles parlent d’exil imposé. De précarité organisée. D’un mensonge cousu de fil blanc. Elles disent vouloir rentrer. Maintenant. Sans conditions. Cette parole fissure la propagande rwandaise. Elle la rend intenable.

Face à cela, la posture de l’État congolais est claire. Il nomme les faits. Il parle de déportation. Il dénonce une atteinte grave aux droits fondamentaux. Il refuse que des Congolais soient utilisés comme alibi communautaire d’une agression étrangère. Cette fermeté mérite d’être soutenue. Elle tranche avec le relativisme commode qui, trop souvent, met dos à dos l’agressé et l’agresseur.

Il faut le dire sans détour : le Rwanda mène une guerre hybride contre la RDC. Militaire sur le terrain. Informationnelle dans les médias. Morale dans l’instrumentalisation des communautés. Et cette guerre s’appuie sur des supplétifs locaux, interchangeables, recyclables, jetables.

La communauté internationale ne pourra pas dire qu’elle ne savait pas. Les faits sont là. Documentés. Répétés. Les Banyamulenge ne demandent pas des caméras. Ils demandent leurs maisons. Leur travail. Leur dignité. La RDC, elle, demande le respect de sa souveraineté.

À force de fabriquer des récits, Kigali oublie une règle élémentaire : la propagande peut saturer l’espace médiatique, elle ne remplace jamais la réalité. Et tôt ou tard, la vérité, elle, finit toujours par traverser l’écran.

Infos27

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