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Kinshasa
17 avril, 2026 - 04:07:25
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Fiscalité pétrolière : l’offensive conjointe d’Économie, Finances et Hydrocarbures renfloue le Trésor

L’hémorragie budgétaire n’était plus tenable. En deux ans, la dépense fiscale pétrolière avait englouti jusqu’à 1,6 milliard de dollars par an, soit près de 15 % des recettes courantes de l’État congolais. Un poids jugé insoutenable pour les finances publiques. Face à cette dérive, le gouvernement a choisi la méthode forte : fin des subventions pour les sociétés minières, suspension des exonérations, contrôles renforcés aux frontières. Résultat revendiqué : des recettes pétrolières en hausse spectaculaire, multipliées par plus de dix-sept en quelques mois. Pour Kinshasa, cette réforme coordonnée entre Économie, Finances et Hydrocarbures marque un tournant : rationaliser les privilèges fiscaux pour restaurer la capacité budgétaire de l’État. Derrière les chiffres, un signal politique clair : l’ère des niches coûteuses touche à sa fin.

L’addition devenait trop lourde. Alors Kinshasa a fermé le robinet.

Pendant des années, la dépense fiscale pétrolière a pesé sur le Trésor comme une charge silencieuse. En 2022, elle atteint 1,6 milliard de dollars. En 2023, encore 1,1 milliard. À elle seule, près de 15 % des recettes courantes. Un niveau jugé incompatible avec l’équilibre budgétaire.

Face à cette dérive, le gouvernement a enclenché une réforme ciblée. Coordination entre trois ministères : Économie nationale, Finances, Hydrocarbures. Même objectif : réduire les subventions, élargir l’assiette, sécuriser les recettes.

La mesure phare tombe au printemps 2025. Un arrêté interministériel acte l’exclusion totale des sociétés minières et de leurs sous-traitants du mécanisme de subvention des carburants terrestres et d’aviation. Autrement dit : fin du carburant subventionné pour les gros consommateurs industriels.

La fin des privilèges fiscaux

À cette décision s’ajoutent d’autres leviers : suspension des exonérations à l’importation, arrêt des paiements échelonnés, multiplication des contrôles douaniers.

Le ministère des Hydrocarbures intensifie le marquage moléculaire des produits pétroliers pour tracer les cargaisons. La brigade anti-fraude multiplie les inspections.

L’exécutif parle d’une action « concertée » et « rigoureuse ». Le mot d’ordre : fermer les fuites. Les effets sont rapides.

Selon les données de la Direction générale des douanes (DGDA), les recettes mensuelles passent d’une moyenne de 4,4 milliards de francs congolais entre janvier et juillet 2025 à plus de 78,5 milliards après l’entrée en vigueur de la réforme. Une hausse de plus de 1 700 %.

Sur l’année, la DGDA dépasse même ses prévisions : 6 848 milliards de CDF mobilisés, contre 6 280 attendus. Soit un taux de réalisation de 109 %. Rare performance pour une administration budgétaire sous tension.

Derrière la technicité fiscale, le message est politique. L’État ne veut plus subventionner massivement des opérateurs industriels déjà puissants, notamment miniers, au détriment de ses propres marges de manœuvre.

L’exécutif défend une logique de « rationalisation » des dépenses et de « soutenabilité » des finances publiques.

En clair : moins d’avantages sectoriels, plus de ressources pour le budget national. La réforme marque un changement de posture. Faire contribuer davantage les grands acteurs économiques. Réduire les niches. Renforcer la souveraineté budgétaire.

À Kinshasa, la bataille des finances publiques passe désormais par la pompe à carburant.

Infos27

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