Changement de décor, même urgence diplomatique. À peine rentré du Forum économique mondial de Davos, Félix Tshisekedi poursuit sa séquence internationale par une visite de travail à Paris, à l’invitation d’Emmanuel Macron. Officiellement, les discussions porteront sur la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo, théâtre d’une recrudescence des violences armées et de déplacements massifs de populations. Mais au-delà du protocole, l’enjeu est politique : mobiliser un partenaire européen clé, peser davantage dans le jeu diplomatique international et replacer la crise congolaise au centre des priorités occidentales.
Ce vendredi, Félix Tshisekedi est attendu à Paris pour une visite de travail à l’invitation du président français Emmanuel Macron. Une rencontre annoncée par la porte-parole du chef de l’État, Tina Salama, qui précise que les deux dirigeants doivent « notamment » évoquer les questions sécuritaires et humanitaires dans l’est de la RDC.
Le déplacement intervient au lendemain du Forum économique mondial de Davos, où Kinshasa a multiplié les échanges économiques. À Paris, le registre change. Place au politique et au sécuritaire.
Selon la présidence congolaise, l’objectif est clair : remettre la crise de l’Est au centre des discussions bilatérales.
Depuis plusieurs mois, les violences armées se multiplient dans cette région frontalière, avec leur lot de déplacements de populations et de tensions diplomatiques persistantes avec le Rwanda. Kinshasa cherche à internationaliser davantage le dossier et à consolider ses soutiens auprès de partenaires occidentaux influents.
Paris, partenaire diplomatique clé
La France reste un interlocuteur stratégique pour la RDC, à la fois membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et acteur engagé sur les questions africaines.
Dans l’entourage présidentiel, on souligne que les échanges porteront autant sur la sécurité que sur l’urgence humanitaire, alors que des centaines de milliers de civils demeurent affectés par les combats.
L’Élysée pourrait également jouer un rôle de relais au niveau européen, dans un contexte où Kinshasa plaide pour une pression accrue contre les groupes armés et leurs soutiens régionaux.
Cette visite s’inscrit ainsi dans une diplomatie plus offensive. Après avoir courtisé les investisseurs à Davos, le chef de l’État congolais cherche désormais à consolider ses appuis politiques.
Deux registres complémentaires : l’économie pour attirer les capitaux, la diplomatie pour sécuriser le territoire.
À Paris, le message de Kinshasa devrait rester constant : la souveraineté congolaise et la stabilisation de l’Est sont devenues des priorités non négociables.
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