82.78 F
Kinshasa
13 mai, 2026 - 22:31:31
Image default
Flash InfosLa uneProvincesSociété

Lubero : à Kyamboghoo, la malnutrition progresse chez les moins de cinq ans, les soignants lancent l’alerte

Dans cette zone rurale du nord du Nord-Kivu, les consultations pédiatriques prennent un tour préoccupant. À Kyamboghoo, en chefferie des Baswagha, territoire de Lubero, les cas de malnutrition se multiplient chez les enfants de moins de cinq ans et chez les femmes allaitantes, alertent les agents de santé locaux. Faible poids à la naissance, amaigrissement, carences alimentaires : les signes s’accumulent dans un contexte marqué par l’insécurité, les déplacements de populations et la baisse des activités agricoles. Faute de ressources, de nombreuses familles peinent à assurer une alimentation diversifiée. Les soignants appellent à une mobilisation urgente des autorités et des partenaires humanitaires pour éviter une aggravation silencieuse de la crise nutritionnelle.

Les salles d’attente se remplissent. Les balances affichent des chiffres trop bas. Et les mêmes diagnostics reviennent.

À Kyamboghoo, dans la chefferie des Baswagha, territoire de Lubero, les professionnels de santé observent depuis plusieurs semaines une hausse inquiétante des cas de malnutrition, principalement chez les enfants âgés de 5 à 59 mois et chez les femmes allaitantes.

L’infirmière titulaire du centre de santé local, Kavira Joséphine, décrit une situation de plus en plus visible au quotidien.

« Nous recevons de nombreux enfants présentant des signes d’insuffisance nutritionnelle. Les cas augmentent et cela devient préoccupant », alerte-t-elle.

Une fragilité dès la naissance

Selon la soignante, le problème commence souvent avant même l’accouchement.

Plusieurs nourrissons naissent avec un poids insuffisant, conséquence directe d’une alimentation déficiente pendant la grossesse.

« Une femme enceinte qui ne mange pas correctement met au monde un enfant déjà affaibli », explique Kavira Joséphine. « Ces bébés ont ensuite du mal à suivre une croissance normale et tombent facilement malades. »

Déjà vulnérables à la naissance, ces enfants basculent rapidement vers la malnutrition aiguë, avec un risque accru d’infections et de complications.

Des mères elles-mêmes carencées

Après l’accouchement, la situation ne s’améliore pas toujours.

Beaucoup de femmes allaitantes manquent de nourriture suffisante pour couvrir leurs propres besoins. Cette carence affecte directement la qualité et la quantité du lait maternel.

« Un enfant ne peut pas bien grandir si sa mère elle-même souffre de faim », insiste l’infirmière.

Pour prévenir ces déficits, elle recommande ce qu’elle appelle une « alimentation à quatre étoiles » : des aliments énergétiques (céréales, tubercules), des protéines (haricots, poisson, œufs, viande), des légumes et des fruits riches en vitamines.

Mais dans la réalité, cette diversité alimentaire reste hors de portée pour de nombreuses familles, contraintes de se contenter d’un seul repas monotone par jour.

L’insécurité, facteur aggravant

La crise nutritionnelle ne peut être dissociée du contexte sécuritaire.

Les déplacements de populations, l’abandon des champs et la perturbation des activités agricoles réduisent considérablement la production alimentaire locale.

Privées de leurs terres ou de leurs moyens de subsistance, certaines familles survivent grâce à de petits travaux ou à une aide humanitaire sporadique.

Résultat : l’accès régulier à une alimentation équilibrée devient aléatoire.

Un appel à une intervention urgente

Face à la situation, le personnel médical encourage les parents à consulter dès les premiers signes : amaigrissement, perte d’appétit, fatigue inhabituelle, œdèmes.

« Il ne faut pas attendre que l’enfant soit très faible pour venir au centre de santé », prévient Kavira Joséphine.

Les soignants appellent également les autorités et les organisations humanitaires à renforcer l’appui nutritionnel : distribution de suppléments, prise en charge des cas sévères, sensibilisation communautaire.

À Kyamboghoo, la malnutrition progresse sans bruit.

Mais pour les équipes locales, chaque jour de retard augmente le risque pour les plus jeunes.

Une urgence sanitaire discrète, aux conséquences durables.

Justin Mupanya, Correspondant à Béni 

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus