La manœuvre est assumée et désormais officielle. Depuis le Bureau ovale, Washington a lancé « Project Vault », un programme de 12 milliards de dollars destiné à constituer un stock national de minéraux critiques. Au centre du dispositif, la République démocratique du Congo et la mine de Kipushi, dans le Haut-Katanga. Ivanhoe Mines, la Gécamines et le négociant Mercuria discutent d’un approvisionnement direct des États-Unis en zinc, germanium et gallium, des métaux indispensables aux semi-conducteurs, à l’intelligence artificielle et aux systèmes de défense. Soutenu par des prêts publics massifs et des capitaux privés, le projet fait de la RDC un maillon stratégique de la sécurité technologique américaine et repositionne Kinshasa dans la chaîne de valeur mondiale des ressources critiques.
Le signal est venu de Washington. Le 2 février, dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, le président Donald Trump a officialisé le lancement de « Project Vault », présenté comme un « stock national de minéraux critiques ».
Selon le communiqué des Mines Ivanhoe, l’initiative vise explicitement la « sécurité de la chaîne d’approvisionnement » américaine. Elle doit permettre « d’acquérir et de stocker des minéraux critiques aux États-Unis pour un usage civil ».
Le montage financier combine 1,67 milliard de dollars de capitaux privés et 10 milliards de prêts publics mobilisés par la Export-Import Bank of the United States.
Objectif stratégique : réduire la dépendance américaine vis-à-vis de la Chine pour les métaux indispensables aux technologies de pointe.
Trois acteurs au cœur des discussions
Le projet s’appuie sur un triangle industriel inédit.
La société canadienne Ivanhoe Mines, son partenaire public congolais Gécamines et le négociant suisse Mercuria Energy Trading sont, selon le texte officiel, « en discussions avancées pour fournir aux États-Unis des minéraux critiques contenus dans le concentré produit par la mine de Kipushi ».
Le comm

