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10 juin, 2026 - 18:31:22
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Virunga : près de 60 camions de braises et de planches saisis, l’ICCN frappe un coup d’arrêt au trafic forestier

L’ampleur des chiffres dit la pression qui pèse sur l’un des derniers sanctuaires écologiques d’Afrique. En dix jours, près de soixante camions chargés de braises et de planches ont été interceptés aux abords du Parc national des Virunga, dans l’est de la République démocratique du Congo. Une saisie massive, inédite par son volume, qui met en lumière l’existence de filières organisées d’exploitation clandestine du bois et du charbon.

Le va-et-vient des camions ne passait plus inaperçu. En l’espace de dix jours, près de soixante véhicules transportant du charbon de bois et des planches ont été interceptés autour du Parc national des Virunga, révélant l’ampleur d’un trafic devenu quasi industriel.

L’annonce a été faite jeudi à Beni par Bienvenu Bwende, chargé de communication du parc, lors d’un point de presse organisé par la section locale de l’Union nationale de la presse du Congo, en collaboration avec l’ICCN.

Pour les gestionnaires de l’aire protégée, ces saisies constituent l’une des plus importantes opérations de ces dernières années.

« Imaginez ce que cela représente en termes d’arbres abattus, de forêts détruites et de collines mises à nu », a souligné Bienvenu Bwende. « Certaines de ces dégradations ont un impact irréversible sur l’écosystème. »

Deux filières clandestines

Les produits saisis proviennent essentiellement de deux activités : la carbonisation destinée au commerce de braises, très répandu dans les centres urbains, et la coupe de bois pour la fabrication de planches écoulées sur les marchés locaux et régionaux.

Pour l’ICCN, ces volumes traduisent l’existence de réseaux organisés capables d’extraire, transformer et transporter des quantités importantes de bois en toute clandestinité.

Au-delà de la perte forestière, les conséquences écologiques sont lourdes : destruction des habitats, érosion des sols, perturbation du cycle de l’eau et fragmentation des écosystèmes.

Classé au patrimoine mondial, le parc abrite une biodiversité exceptionnelle : gorilles de montagne, éléphants, okapis, dont la survie dépend d’un équilibre fragile.

Appui sécuritaire et message dissuasif

Les opérations sont menées avec l’appui des services de sécurité, mobilisés pour sécuriser les axes d’évacuation et démanteler les circuits logistiques.

L’objectif affiché : instaurer un effet dissuasif durable.

« L’opération ne se limite pas à Mayangose », a précisé Bwende, indiquant qu’elle se déroule simultanément dans plusieurs zones sensibles du parc.

Face aux tensions récurrentes avec certaines communautés riveraines, les responsables insistent toutefois sur une distinction.

« Même si certaines activités humaines exercées dans le parc ne sont pas conformes aux règles de conservation, les opérations en cours ne ciblent pas directement les agriculteurs. Des solutions adaptées seront recherchées », a affirmé le porte-parole.

Un message destiné à différencier les filières commerciales illégales des situations de subsistance dans une région marquée par la pauvreté.

Justin Mupanya, Correspondant au Nord-Kivu

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