Alors que la population de Beni continue de vivre sous la menace des rebelles de l’Allied Democratic Forces (ADF), les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l’Uganda People’s Defence Force (UPDF) annoncent une campagne de consultations et de soins gratuits destinée aux civils. L’opération, organisée en deux phases, se veut un geste humanitaire de rapprochement avec la population locale.
Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l’Uganda People’s Defence Force (UPDF) ont annoncé, vendredi 13 février, le démarrage d’une campagne de consultations et de soins médicaux gratuits en faveur des habitants de Beni. D’après un communiqué officiel signé par le vice-gouverneur du Nord-Kivu, Louis Second Karawa, l’opération se déroulera en deux temps : une phase d’identification des bénéficiaires du 13 au 17 février, avant le début effectif des soins à partir du 18 février.
Présentée comme une action à caractère humanitaire, cette initiative s’inscrit dans la dynamique de rapprochement civilo-militaire entre les forces conjointes et la population locale. Les inscriptions s’effectuent au pavillon militaire de l’Hôpital général de référence de Beni, à l’hôpital militaire de garnison de Mambango ainsi qu’à la clinique médicale du gouvernorat.
Entre espoir et scepticisme
Dans cette ville longtemps meurtrie par les violences attribuées aux rebelles de l’Allied Democratic Forces (ADF), l’annonce suscite des réactions contrastées. Certains habitants saluent une occasion rare d’accéder gratuitement aux soins, tandis que d’autres y voient une mesure symbolique sans impact durable.
« Le rôle premier de l’armée reste la sécurité, pas la médecine. Les militaires doivent poursuivre les rebelles plutôt que se substituer aux soignants », estime Samson Syavugha, résident de Beni. Selon lui, la courte durée de la campagne ne correspond pas aux besoins sanitaires réels d’une population confrontée à un accès limité aux structures de santé.
Un autre habitant, préférant garder l’anonymat, relève une incohérence : « Qu’ils améliorent d’abord la prise en charge des soldats blessés au front. Eux-mêmes manquent déjà de soins adéquats. »
Une réponse jugée partielle
Si cette opération pourrait soulager ponctuellement certains malades, elle ne résout ni les faiblesses structurelles du système de santé local ni l’insécurité persistante dans le territoire de Beni. Plusieurs voix rappellent que la priorité demeure la protection des civils et la fin des tueries.
Pour une frange de la population, la confiance entre civils et militaires ne pourra réellement se consolider que sur la base d’une paix durable. En l’absence de stabilité sécuritaire, les soins gratuits apparaissent comme une solution temporaire, insuffisante pour dissiper l’angoisse quotidienne.
Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu

