Leader incontesté et invétéré de l’UDPS, feu le Dr Étienne Tshisekedi ne croyait pas si bien dire : « Quand l’UDPS accédera au pouvoir, il n’y aura plus d’opposition ». Les faits semblent lui donner raison. Depuis l’avènement au pouvoir de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo en janvier 2019 et à la suite du déboulonnement du système Kabila qui a donné lieu à l’Union sacrée de la nation (USN), l’opposition politique n’existe quasiment plus. Sans ancrages évidents, ses soi-disant leaders, sans vision, idéal et discours accrocheur, sont comme pris dans une nasse. Ils ont déserté l’arène où s’exprime le véritable rapport des forces pour se réfugier dans les réseaux sociaux et dans les médias, beaucoup plus périphériques, sans impact réel sur le cours des choses, voire dans les représentations diplomatiques. Incapables de mobiliser la population à leur cause alors que la gouvernance ne suscite pas moins de récriminations, ils s’accrochent au tandem CENCO-ECC, également en perte de vitesse et de notoriété parce que mis à mal par les Églises de réveil, pour faire valoir un programme politique hors du commun : le dialogue avec, en filigrane, le partage du pouvoir. Aussi se sert-elle de la rébellion AFC-M23 comme outil de pression pour faire plier le régime Tshisekedi. Raison pour laquelle, dans sa quasi-totalité, elle ne condamne, de concert avec la CENCO-ECC, ni la rébellion ni son commanditaire.
Y a-t-il encore l’opposition politique en RDC ? C’est la question qui mérite d’être posée après l’avènement au pouvoir de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo le 19 janvier 2019, à l’issue des élections générales de décembre 2018 et à la suite du déboulonnement du système Kabila. Cette question, à un million de dollars américains, vaut son pesant d’or, dans la mesure où la profession de foi du Dr Étienne Tshisekedi, leader indéniable, incontesté et invétéré de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), est de plus en plus une évidence. Parti au pouvoir jadis, le PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie) est l’ombre de lui-même et s’affiche en brouillard dans le radar où scintille à peine l’ECIDE (Engagement pour la Citoyenneté et le Développement) de Martin Fayulu et, non sans noter que Ensemble de Moïse Katumbi est difficilement détectable. D’autres partis politiques, notamment le LGD de Matata Ponyo, l’ENVOL de Delly Sesanga et le MLP de Franck Diongo, sont catégorisés de deuxième zone.
Dans la foulée de l’élection de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo comme président de la République, le PPRD, par devers lui le FCC, famille politique de Joseph Kabila, a concouru à la mise en place d’une coalition, FCC-CACH, pour la direction commune du pays. Celle-ci a fait long feu parce que, bénéficiant d’une large majorité parlementaire de laquelle émane le Premier ministre, chef du gouvernement, le FCC entendait contenir le nouveau président de la République dans le rôle d’« inaugurateur » des chrysanthèmes, le pousser par la suite à la faute pour reprendre le pouvoir. De grosses pointures de l’ancien parti présidentiel ne s’en sont pas cachées. À titre d’exemple, les velléités affichées par Jeanine Mabunda et Alexis Thambwe Mwamba, alors respectivement présidente de l’Assemblée nationale et président du Sénat.
Mais, le FCC, sous la poussée de son Autorité morale, va heurter la cuirasse du chef de l’Etat, fort de ses prérogatives constitutionnelles et qui, sur fond du caractère non-impératif du mandat des députés, a su basculer la majorité parlementaire à son compte. C’est le début du déboulonnement qui a vu le PPRD-FCC se vider et perdre de sa superbe. Avec un parti créé en plein pouvoir de Joseph Kabila pour le gérer et le conserver et non sur base d’un idéal idéologique ou d’un programme politique donné, les cadres résiduels, du reste nostalgiques, n’ont pas été à même de mener une opposition classique. Habitués à vivre aux mamelles de l’Etat, ils sont désemparés plus de cinq après et ne représentent plus que l’ombre d’eux-mêmes. Quelques-uns d’entre eux, dont leur Autorité morale, se manifestent désespérément par des actions marginales au point de s’amarrer aux évêques catholiqu

