L’Office congolais de contrôle (OCC), pilier du dispositif national de certification et de conformité des produits, entre dans une phase critique de restructuration. Un jour après la suspension de son directeur général pour fautes lourdes de gestion, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a installé une commission de redressement chargée d’auditer l’institution et de proposer des réformes urgentes. À la tête de l’établissement à titre intérimaire, Christelle Muabilu reçoit pour mission de restaurer la rigueur administrative, la transparence financière et l’efficacité opérationnelle d’un organisme jugé stratégique pour la sécurité économique et sanitaire du pays. Dotée de pouvoirs étendus d’investigation et d’un délai de dix jours pour rendre ses conclusions, cette commission devra dresser un diagnostic complet de l’OCC et formuler des mesures correctives. Le gouvernement affiche ainsi sa volonté d’assainir une structure clé du contrôle des importations et des exportations, dans un contexte de lutte accrue contre la fraude et les dysfonctionnements administratifs.
Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a donné de nouvelles orientations à la directrice générale intérimaire de l’Office congolais de contrôle (OCC), Christelle Muabilu, lors d’une réunion tenue mardi 17 février 2026 à Kinshasa. Cette décision intervient 24 heures après la suspension à titre conservatoire du directeur général, Étienne Tshimanga Mutombo, pour fautes lourdes de gestion.
Dans le même élan, le ministre a signé un arrêté instituant une commission de redressement chargée d’engager des réformes urgentes pour sauver cet organisme scientifique et technique, responsable du contrôle de la qualité et de la conformité des produits destinés à la consommation.
Un mandat de réforme et de rigueur
Selon les orientations ministérielles, la direction intérimaire devra agir avec « vision, rigueur et capacité de décision », tout en veillant à ce que les missions de l’OCC soient exécutées par « les bonnes personnes, dans la bonne direction et avec les ressources appropriées ».
L’objectif affiché est d’assainir la gestion de l’institution et de renforcer son efficacité dans un secteur stratégique pour l’économie nationale.
Une commission dotée de pouvoirs étendus
La commission de redressement a pour mission de dresser un état des lieux administratif et financier de l’OCC, d’évaluer les contrats et partenariats en cours, d’auditer la production et d’examiner les mécanismes de contrôle de la qualité, de la quantité et de la conformité à l’importation et à l’exportation.
Elle devra ensuite proposer aux autorités compétentes des mesures correctives et de redressement.
Composée d’experts issus de divers horizons, la commission est présidée par le professeur Byombuka Onésime, assisté du vice-président Maître Kayeye Kasongo David et du rapporteur professeur Ndakaishe Mwanamulenda Joseph, entourés de plusieurs membres.
Dotée d’un délai de dix jours, renouvelable une seule fois, elle pourra accéder à tout document et aux comptes bancaires de l’OCC. Elle travaillera en collaboration avec les commissaires aux comptes et pourra recourir à des personnes ressources internes ou externes, notamment des retraités, des cadres intéressés par les réformes ou des représentants syndicaux.
Un financement assuré par le ministère
Les aspects logistiques de cette commission seront entièrement pris en charge par le budget du ministère du Commerce extérieur et non par celui de l’OCC, précise l’arrêté.
À travers cette initiative, les autorités entendent restaurer la crédibilité et la performance de l’Office congolais de contrôle, considéré comme un maillon essentiel du système de régulation commerciale et de protection des consommateurs.
Cette opération de redressement s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme des institutions publiques, visant à renforcer la transparence et l’efficacité de la gestion publique en République démocratique du Congo.
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