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17 avril, 2026 - 07:51:59
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Marche des chrétiens de 1992 : 34 ans après, Fayulu appelle à unir démocratie et intégrité territoriale

Trente-quatre ans après la « Marche de l’espoir » du 16 février 1992, violemment réprimée sous le régime de Mobutu, la mémoire des martyrs de la démocratie continue de résonner en République démocratique du Congo. À Kinshasa, une messe commémorative organisée par la coalition Lamuka à la paroisse Saint-Joseph de Matonge a ravivé le souvenir de cette mobilisation historique pour la réouverture de la Conférence nationale souveraine. Pour l’opposant Martin Fayulu, cette date ne doit pas seulement rappeler le combat pour les libertés politiques, mais aussi interpeller sur les défis actuels du pays, notamment la cohésion nationale et la défense de l’intégrité territoriale face aux violences persistantes à l’Est. 

La République démocratique du Congo a commémoré lundi 16 février le 34ᵉ anniversaire de la Marche des chrétiens de 1992, une manifestation historique pour la démocratie violemment réprimée sous le régime du maréchal Mobutu Sese Seko. À Kinshasa, une messe a été célébrée à la paroisse Saint-Joseph, dans la commune de Matonge, à l’initiative de la coalition Lamuka dirigée par l’opposant Martin Fayulu Madidi.

Organisée à l’origine par le Comité laïc de coordination pour exiger la réouverture de la Conférence nationale souveraine (CNS), la « Marche de l’espoir » avait mobilisé des milliers de fidèles catholiques et de citoyens arborant bougies, rameaux et chapelets. La répression des forces de l’ordre avait fait plusieurs morts, dont le nombre reste controversé : une dizaine selon les sources officielles, mais bien davantage selon la société civile.

Entre mémoire et actualité politique

Pour les organisateurs, cette commémoration vise à honorer les victimes de cette journée et à rappeler les sacrifices consentis pour l’avènement de la démocratie. Martin Fayulu a également associé cette mémoire aux souffrances actuelles des populations confrontées à l’insécurité dans l’Est du pays et à d’autres violences.

« Aujourd’hui, nous sommes réunis pour entretenir la mémoire et nous rappeler ces martyrs. Nous sommes également ici pour nous souvenir de nos frères et sœurs qui sont tués chaque jour à l’Est de la République », a déclaré l’opposant à l’issue de la messe.

Un appel à la cohésion nationale

Dans son intervention, le leader de Lamuka a estimé que le combat engagé en 1992 devait se poursuivre sous d’autres formes, en mettant désormais l’accent sur la cohésion nationale et la défense de l’intégrité territoriale.

« Hier, c’était le combat pour la démocratie. Aujourd’hui, c’est le combat pour la démocratie, pour l’intégrité territoriale et pour la cohésion nationale », a-t-il affirmé, appelant les Congolais à rester unis face aux menaces pesant sur le pays.

Martin Fayulu a également exhorté la population à ne pas céder au découragement, estimant que l’unité nationale constitue un rempart contre les tentatives de déstabilisation et de division du territoire.

Un tournant dans l’histoire politique du pays

La marche du 16 février 1992 avait contribué à relancer la Conférence nationale souveraine, qui reprendra ses travaux deux mois plus tard malgré les tensions politiques de l’époque. Elle débouchera sur la désignation d’Étienne Tshisekedi comme Premier ministre de transition en août 1992, marquant un moment clé du processus démocratique congolais.

Plus de trois décennies après, cette date reste un symbole de la lutte pour les libertés publiques et de la capacité de mobilisation de la société civile congolaise. Sa commémoration annuelle témoigne de la persistance des aspirations démocratiques dans un pays confronté à des défis politiques, sécuritaires et sociaux majeurs.

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