À Matamba, dans la province du Kasaï-Central, l’inquiétude gagne la population face à l’état de dégradation avancée du pont jeté sur la rivière Miyawu. Unique axe reliant plusieurs quartiers et villages, cet ouvrage vétuste, dépourvu de dispositifs de sécurité, expose quotidiennement des milliers d’usagers à un risque d’accident, tandis que des dénonciations d’extorsions à une barrière policière voisine accentuent le malaise.
La tension monte dans la commune rurale de Matamba, où les habitants vivent depuis plusieurs semaines dans l’attente d’un éventuel effondrement. En cause : l’état critique du pont de la rivière Miyawu, passage obligé pour relier les quartiers périphériques et les villages environnants au centre local.
Malgré les signes évidents de fragilité, véhicules légers, camions, motos et piétons continuent de l’emprunter chaque jour. L’absence de garde-fous et de toute mesure de sécurité accentue la vulnérabilité des usagers.
Le constat dressé mercredi 18 février est alarmant. Planches usées, poutres fissurées, segments entiers de rambarde manquants : chaque traversée s’apparente à une épreuve. Les conducteurs ralentissent au maximum, évitant les zones les plus endommagées sous le regard anxieux des passagers.
Pour les piétons, la peur est constante. « Chaque fois que je traverse, je crains que le pont ne s’effondre sous mes pieds. Je prie simplement pour atteindre l’autre rive », confie Jean-Pierre Kalombo. « Nous n’avons pas d’alternative. Ce pont est indispensable pour accéder au marché et à l’école, mais chaque passage est source de peur », ajoute un autre habitant.
Une insécurité aggravée par des pratiques contestées
À ces risques structurels s’ajoutent des tensions liées à l’installation récente d’une barrière policière à proximité. Plusieurs témoignages évoquent des paiements exigés à certains transporteurs, notamment les cyclistes, pour franchir le pont. En cas de refus, des violences seraient signalées. Pour la population, ces pratiques assimilées à de l’extorsion aggravent un climat déjà lourd.
Un appel pressant aux autorités
Face à la menace d’un drame, les habitants multiplient les appels à une intervention urgente. « Nous demandons une intervention rapide avant qu’un accident ne survienne », implore Pauline Kapinga.
Faute d’alternative, l’ouvrage reste en service, exposant chaque jour des milliers de personnes à un danger réel. Le silence des autorités alimente la crainte d’une catastrophe imminente. Les riverains espèrent désormais des travaux de réhabilitation rapides pour sécuriser cet axe vital à la vie économique et sociale de la région.
Stony Mulumba, correspondant à Kananga

