Vingt ans après l’adoption de la Constitution de 2006, le débat sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo refait surface. Dans une tribune, le député national Steve Mbikayi appelle à une consultation populaire sur l’opportunité d’une nouvelle Loi fondamentale, estimant qu’une simple révision partielle ne permettrait pas de répondre aux blocages structurels auxquels l’État est confronté. Selon lui, la Constitution actuelle a rempli sa mission historique de stabilisation post-conflit, mais montre aujourd’hui ses limites face aux crises sécuritaires persistantes, aux tensions entre institutions et aux contraintes budgétaires. S’appuyant sur des exemples étrangers, l’élu plaide pour un processus démocratique encadré : consultation, assemblée constituante, référendum afin de refonder l’architecture de l’État et renforcer sa gouvernabilité. Cette prise de position relance un débat sensible sur l’équilibre institutionnel et l’avenir du système politique congolais.
Le député national Steve Mbikayi a appelé à l’organisation d’une consultation populaire sur l’opportunité d’adopter une nouvelle Constitution en République démocratique du Congo, estimant qu’une révision partielle de la Loi fondamentale de 2006 ne suffirait pas à corriger les dysfonctionnements structurels de l’État.
Dans une tribune consacrée à la refondation institutionnelle, le président du Parti travailliste souligne que la Constitution actuelle a joué un rôle déterminant dans la sortie de guerre et la reconstruction des institutions, mais qu’elle n’est plus pleinement adaptée aux défis contemporains.
« Une Constitution conçue pour stabiliser une transition post-conflit n’est pas nécessairement adaptée pour structurer durablement un État confronté à des crises sécuritaires, territoriales et budgétaires persistantes », affirme-t-il.
Un bilan critique après vingt ans
Selon l’élu, la persistance des rébellions, la prolifération des groupes armés et les tensions récurrentes entre gouverneurs et assemblées provinciales illustrent les limites du cadre institutionnel actuel. Il évoque également une multiplication des institutions dans un contexte de ressources publiques limitées.
Pour Steve Mbikayi, il ne s’agit pas de remettre en cause l’intention des constituants de 2006, mais d’évaluer l’efficacité du système à la lumière de l’expérience.
« Corriger un article sans repenser l’architecture reviendrait à ajuster une façade sans consolider les fondations », estime-t-il.
L’exemple de transitions constitutionnelles à l’étranger
Le député s’appuie sur l’histoire comparée pour justifier son plaidoyer. Il cite notamment la France de 1958, qui a adopté une nouvelle Constitution pour mettre fin à l’instabilité de la IVe République, ainsi que l’Afrique du Sud post-apartheid et le Chili, où des consultations populaires ont précédé les réformes constitutionnelles.
Selon lui, lorsque les règles du jeu deviennent un facteur de blocage durable, la démocratie dispose d’un mécanisme légitime : le recours au pouvoir constituant.
Steve Mbikayi préconise un processus démocratique en plusieurs étapes : consultation populaire sur l’opportunité d’une nouvelle Constitution, désignation d’une assemblée constituante, débats publics inclusifs et adoption finale par référendum.
« Rien de plus républicain. Rien de plus difficile à contester objectivement », affirme-t-il, insistant sur le fait qu’une refondation institutionnelle ne doit pas être perçue comme une concentration du pouvoir, mais comme une simplification de l’architecture de l’État.
Un débat politique relancé
La tribune intervient dans un contexte où la question de la gouvernabilité et de l’efficacité des institutions revient régulièrement dans le débat public congolais. Si l’idée d’une nouvelle Constitution reste controversée, elle met en lumière les interrogations sur l’adéquation du cadre institutionnel actuel face aux défis sécuritaires et économiques.
« La maturité politique consiste à ouvrir un débat national sans suspicion », conclut Steve Mbikayi, appelant les forces politiques à examiner cette question « avec courage et responsabilité ».
Cette prise de position relance ainsi un débat de fond sur l’avenir institutionnel de la RDC et sur les voies possibles pour renforcer la stabilité et l’efficacité de l’État.
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