L’économie numérique ne tolère pas l’approximation. Lors du Conseil des ministres de vendredi 9 janvier, le président de la République a fait des perturbations répétées des télécommunications un sujet de préoccupation nationale. Téléphonie mobile instable, Internet défaillant, transactions interrompues, signaux audiovisuels altérés : les dysfonctionnements constatés ces derniers mois affectent autant la vie quotidienne des citoyens que le fonctionnement de l’État et des secteurs productifs. Face à ce constat, le chef de l’État a rappelé que les télécommunications constituent désormais une infrastructure stratégique, au même titre que l’énergie ou les transports. La réponse attendue n’est pas seulement technique : elle est réglementaire, politique et coercitive. En exigeant un contrôle renforcé, une coordination interministérielle effective et l’application sans complaisance des sanctions prévues par la loi, le président a fixé un cap clair. Le délai de trente jours accordé aux ministères et aux régulateurs pour produire un rapport circonstancié marque l’entrée du secteur dans une phase de responsabilité accrue.
Le deuxième axe majeur de la communication présidentielle a porté, selon le compte-rendu fait par le Porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, sur la dégradation persistante des services de télécommunications et de l’audiovisuel sur l’ensemble du territoire national.
Le chef de l’État a fait état de nombreuses doléances relatives aux interruptions de la téléphonie mobile et fixe, aux instabilités de l’Internet, aux difficultés de transmission de données et aux perturbations des réseaux de radiodiffusion et de télévision numérique. Ces dysfonctionnements, a-t-il été relevé, ne sont pas sans conséquences : ruptures de communication administrative, perturbations des transactions bancaires et commerciales, affaiblissement de l’information audiovisuelle. À terme, c’est la continuité même de l’action publique et la confiance des usagers qui se trouvent affectées.
Un secteur stratégique placé sous exigence de résultats
Rappelant le caractère stratégique des télécommunications pour la souveraineté, la sécurité et la compétitivité économique de la République démocratique du Congo, le président a insisté sur la nécessité de réseaux fiables, résilients et continus, opérant dans un cadre de concurrence loyale et de couverture équitable du territoire.
Des instructions précises ont été données aux ministres sectoriels concernés : Postes et Télécommunications, Économie numérique, Communication et Médias, ainsi qu’aux autorités de régulation. Elles portent sur le renforcement des mécanismes de contrôle, le monitoring permanent de la qualité des services, la coordination effective entre institutions et l’application stricte des sanctions prévues par la réglementation à l’encontre de tout opérateur défaillant.
Un rapport d’exécution détaillé, incluant les constats techniques et les mesures correctives imposées, est attendu dans un délai de trente jours. Par cette exigence de redevabilité, l’exécutif entend rappeler que la modernisation numérique du pays ne peut s’accommoder ni de l’irrégularité ni de l’impunité.
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