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Kinshasa
13 mai, 2026 - 00:46:58
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[Agression rwandaise] Respect du cessez-le-feu, protection des civils : la position ferme de la RDC

Déterminée à ne céder ni à l’escalade ni à l’impuissance, la République démocratique du Congo affirme maintenir une ligne claire face à la persistance des violences dans l’Est : respecter les cessez-le-feu conclus sous médiation internationale tout en assumant son devoir de protéger les populations menacées. Kinshasa insiste sur le fait que l’adhésion aux processus diplomatiques ne saurait signifier l’abandon des civils exposés aux bombardements et aux attaques de l’armée rwandaise et au M23-AFC, citant notamment la situation d’Uvira comme illustration des risques encourus par les habitants. Selon les autorités, les Forces armées de la RDC mènent des actions strictement défensives et ciblées afin d’empêcher l’extension des violences, dans le respect du droit international et du principe de légitime défense reconnu à tout État souverain. Soutenue par des prises de position au Conseil de sécurité des Nations unies rappelant ce droit, la stratégie congolaise vise à concilier impératif sécuritaire et fidélité aux engagements pris pour le retour de la paix. Cette posture, à la fois prudente et ferme, traduit la volonté de Kinshasa de poursuivre les efforts diplomatiques sans tolérer que les cessez-le-feu deviennent un prétexte à l’inaction face à des civils en danger, condition jugée indispensable à toute solution durable au conflit.

La République démocratique du Congo avance sur un fil. Elle respecte les cessez-le-feu. Elle enterre ses morts. Elle protège ses civils. Elle refuse de céder. Cette position n’a rien d’ambigu. Elle est difficile. Elle est pourtant la seule tenable.

À l’Est, la violence persiste. Les accords s’enchaînent. Les violations aussi. Uvira en porte la trace. D’autres villes suivent. Les civils paient le prix d’une guerre qui ne dit pas son nom. Kinshasa, elle, maintient son cap. Ne pas rompre la parole donnée. Ne pas abandonner sa population. Ce double impératif fonde aujourd’hui sa stratégie.

Respecter un cessez-le-feu ne signifie pas se résigner. Aucun État souverain n’accepterait l’impuissance face à des bombardements visant ses villes. Aucun gouvernement responsable ne laisserait ses citoyens sans défense. La légitime défense n’est pas une option. C’est un devoir. La RDC le rappelle sans détour.

Ce choix tranche avec les caricatures. On accuse Kinshasa d’escalade. On oublie les attaques. On parle de retenue sans regarder les victimes. La réalité est plus nue. La RDC tente de concilier deux exigences que tout oppose : la paix et la sécurité. Elle le fait sous pression. Elle le fait sous surveillance. Elle le fait malgré la défiance.

Les FARDC ne cherchent pas l’affrontement pour l’affrontement. Elles contiennent. Elles sécurisent. Elles protègent. Les opérations ciblées répondent à une logique simple : empêcher l’extension du conflit. Sauver des vies. Stabiliser les zones menacées. Ce n’est pas la guerre totale. C’est une défense mesurée.

Le soutien international, discret mais réel, ne doit rien au hasard. Au Conseil de sécurité, plusieurs voix ont rappelé un principe fondamental : un pays agressé a le droit de se défendre. Ce rappel vaut avertissement. Il signifie que la patience a des limites. Il signifie aussi que la responsabilité première incombe à ceux qui violent les accords.

L’enjeu dépasse la RDC. C’est toute la crédibilité des mécanismes de paix régionaux qui se joue. À quoi servent les médiations si les engagements ne sont pas respectés ? À quoi servent les cessez-le-feu si les civils continuent de fuir ? L’impunité nourrit la guerre. La cohérence seule peut l’arrêter.

Kinshasa envoie un message clair. Elle ne sabotera pas les efforts diplomatiques. Elle ne sacrifiera pas ses populations. Cette ligne de crête exige sang-froid et constance. Elle expose aux critiques. Elle impose des choix lourds. Mais elle affirme une idée simple : la paix ne se construit pas sur la capitulation.

Il faut aussi regarder les conséquences d’un abandon. Si la RDC renonçait à se défendre, le signal serait désastreux. Les groupes armés prospèrent là où l’État recule. Les frontières deviennent poreuses. La violence s’enracine. La région entière vacille. Défendre le territoire, c’est prévenir l’embrasement.

La population, elle, observe. Elle juge sur pièces. Partout où l’armée reprend pied, les habitants reviennent. Ils rouvrent les écoles. Ils relancent les marchés. Ce mouvement silencieux dit l’essentiel : la sécurité reste la première condition de la paix. Sans elle, aucun accord ne tient.

La RDC n’est pas irréprochable. Aucun pays en guerre ne l’est. Mais elle tente une voie exigeante. Elle accepte les médiations. Elle dialogue. Elle documente les violations. Elle s’expose au regard du monde. Ce choix mérite d’être reconnu. Il mérite surtout d’être soutenu.

Le temps presse. Chaque jour sans solution durable accroît la souffrance. Chaque retard renforce les extrémismes. Les partenaires internationaux doivent sortir de l’ambiguïté. Nommer les responsabilités. Garantir l’application des accords. Exiger le retrait des forces étrangères. Sans cela, les cessez-le-feu resteront des illusions fragiles.

La paix n’est pas un slogan. C’est un équilibre. Elle suppose la justice. Elle suppose la sécurité. Elle suppose la vérité. La RDC rappelle ces évidences. Elle ne demande pas la permission de survivre. Elle réclame le droit de protéger ses enfants.

L’histoire jugera. Elle retiendra ceux qui auront défendu la paix sans désarmer la justice. Elle retiendra aussi ceux qui auront fermé les yeux. Kinshasa, aujourd’hui, a choisi de tenir. Ce choix oblige. Il appelle un soutien clair. Il exige, surtout, que la communauté internationale cesse de confondre neutralité et indifférence.

Car il n’y a pas de paix durable sans protection des civils. Il n’y a pas de stabilité sans respect des frontières. Il n’y a pas de diplomatie crédible sans courage politique. La RDC, malgré ses fragilités, rappelle au monde ces vérités premières. Et c’est peut-être là, au-delà des combats, sa plus grande force.

Infos27

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