Le Sénat congolais a tenu à clarifier sa position dans le débat sensible autour d’une éventuelle révision constitutionnelle. Dans un communiqué officiel publié à Kinshasa, le bureau de la chambre haute a pris ses distances avec les déclarations de son deuxième vice-président, Modeste Bahati Lukwebo, qui s’était publiquement opposé à toute modification de la Constitution. L’institution précise que ces propos ont été exprimés à titre strictement personnel et n’engagent en rien le Sénat. Dans un contexte politique marqué par les tensions autour de la question constitutionnelle, la chambre haute appelle les responsables politiques à la retenue et réaffirme son attachement à la stabilité institutionnelle et à la cohésion nationale.
Le bureau du Sénat de la République démocratique du Congo a officiellement réagi aux propos tenus récemment par son deuxième vice-président, Modeste Bahati Lukwebo, au sujet d’une éventuelle révision de la Constitution. Dans un communiqué officiel signé par la rapporteure du Sénat, Nefertiti Ngundianza Bayokisa Kisula, l’institution a tenu à préciser que les déclarations de l’élu n’engagent en aucun cas la chambre haute.
Cette mise au point intervient après un point de presse organisé par Modeste Bahati Lukwebo le 4 mars 2026, au cours duquel le leader de l’AFDC-A avait exprimé son opposition à toute modification de la Constitution de la République démocratique du Congo adoptée le 18 février 2006.
Face à l’ampleur des réactions suscitées par ces propos, le bureau du Sénat a estimé nécessaire de clarifier la position de l’institution afin d’éviter toute confusion dans l’opinion publique.
« Le Bureau du Sénat tient à préciser avec la plus grande clarté que ces déclarations ont été faites à titre strictement personnel et n’engagent en aucune manière l’institution sénatoriale dans son ensemble », indique le communiqué.
La chambre haute souligne que les institutions de la République doivent rester des espaces de stabilité et de responsabilité politique, particulièrement dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires.
« Les institutions de la République doivent demeurer des espaces de cohésion, de stabilité et de responsabilité politique, et non le cadre d’expressions individuelles susceptibles de fragiliser l’unité nationale », précise le texte.
Un débat constitutionnel sensible
Les propos de Modeste Bahati Lukwebo ont suscité de nombreuses réactions dans la classe politique congolaise. Lors de sa conférence de presse, l’ancien président du Sénat avait estimé que les difficultés auxquelles fait face la RDC ne résultent pas d’un problème constitutionnel.
« Le pays n’a pas un problème de textes, mais d’hommes », avait-il déclaré, une formule largement reprise dans les milieux politiques et médiatiques.
Cette prise de position intervient alors que le débat autour d’une possible révision de la Constitution continue d’alimenter les discussions au sein de la majorité présidentielle et dans l’opinion publique.
Dans ce contexte, le bureau du Sénat a jugé nécessaire de rappeler les principes de responsabilité et de discipline institutionnelle qui doivent guider les prises de parole publiques des responsables politiques.
Appel à la cohésion nationale
Dans son communiqué, la chambre haute a également réaffirmé son attachement aux valeurs d’unité nationale et de souveraineté défendues par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Le bureau du Sénat appelle ainsi les acteurs politiques et institutionnels à privilégier la solidarité nationale face aux défis auxquels le pays est confronté.
« Le Bureau du Sénat réaffirme son attachement aux idéaux de paix, d’unité et de souveraineté nationale et appelle l’ensemble des acteurs politiques et institutionnels à faire preuve de discipline républicaine et de solidarité nationale », souligne le communiqué.
L’institution insiste également sur la nécessité de préserver la stabilité des institutions dans une période jugée cruciale pour l’avenir du pays.
« Dans l’intérêt supérieur de la Nation, le Bureau du Sénat réitère son engagement à accompagner toutes les initiatives visant à préserver la stabilité des institutions et à renforcer la cohésion nationale », conclut le texte.
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