La Communauté d’Afrique de l’Est change de leadership à un moment particulièrement sensible pour la région. Réunis à Arusha, en Tanzanie, pour le 25ᵉ sommet ordinaire des chefs d’État de l’EAC, les dirigeants de la sous-région ont confié la présidence tournante de l’organisation au président ougandais Yoweri Museveni. Celui-ci succède au chef de l’État kenyan William Ruto dans un contexte marqué par les tensions persistantes dans l’est de la République démocratique du Congo et les divergences entre certains États membres. Dans son premier discours à la tête de la communauté régionale, le dirigeant ougandais a appelé les pays d’Afrique de l’Est à dépasser leurs rivalités et à privilégier le dialogue et l’unité.
Le président de l’Ouganda, Yoweri Kaguta Museveni, a officiellement pris samedi la présidence tournante de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) à l’issue du 25ᵉ sommet ordinaire des chefs d’État de l’organisation tenu à Arusha, en Tanzanie. Le dirigeant ougandais succède ainsi à son homologue du Kenya, William Ruto, qui assurait la direction de cette organisation régionale depuis l’année dernière.
Cette passation de pouvoir intervient dans un contexte régional marqué par des tensions sécuritaires et diplomatiques, notamment autour de la situation dans l’est de la République démocratique du Congo, théâtre de violences armées persistantes.
Lors de ce sommet, la RDC était représentée par le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, qui participait aux travaux au nom du président Félix Tshisekedi.
Dans son discours de prise de fonction, Yoweri Museveni a insisté sur la nécessité pour les États membres de dépasser leurs différends afin de préserver l’objectif d’intégration régionale qui fonde l’organisation.
« Au lieu de vivre dans l’unité, nous vivons malheureusement dans l’inimitié et la mésentente entre nous », a déclaré le président ougandais devant ses homologues.
Le nouveau président de l’EAC a estimé que les tensions entre certains pays de la région fragilisent les efforts d’intégration économique et politique engagés depuis plusieurs années au sein de la communauté.
Ses propos interviennent alors que la guerre dans l’est de la RDC continue d’alimenter les tensions diplomatiques entre certains États membres de l’organisation. Kinshasa accuse notamment le Rwanda, également membre de l’EAC, de soutenir l’offensive du mouvement rebelle M23 sur le territoire congolais.
Dans ce contexte, Museveni a appelé les dirigeants et les populations de la région à privilégier la coopération et le dialogue plutôt que la confrontation.
« J’appelle la jeunesse de l’Afrique de l’Est à privilégier la paix et l’unité. Ce que Dieu a uni, l’homme ne doit pas le séparer », a-t-il déclaré.
La prise de fonction du président ougandais intervient donc à un moment délicat pour l’organisation régionale, dont les ambitions d’intégration politique et économique sont mises à l’épreuve par les crises sécuritaires et les divergences entre certains États membres.
Fondée en 2000, la Communauté d’Afrique de l’Est regroupe aujourd’hui plusieurs pays de la région, dont le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi, le Soudan du Sud, la Somalie et la République démocratique du Congo.
La RDC a officiellement rejoint l’EAC en juillet 2022, à l’initiative du président Félix Tshisekedi, qui avait présenté cette adhésion comme une étape stratégique pour renforcer l’intégration économique régionale et promouvoir une coopération accrue avec les pays voisins.
Depuis son entrée dans l’organisation, Kinshasa plaide pour une coopération régionale capable de soutenir la stabilisation de l’est du pays tout en favorisant les échanges économiques au sein du bloc est-africain.
Avec l’arrivée de Yoweri Museveni à la tête de l’EAC, la communauté régionale devra désormais relever le défi de préserver son unité politique tout en poursuivant son projet d’intégration économique dans un environnement régional marqué par des tensions sécuritaires persistantes.
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