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Kinshasa
7 avril, 2026 - 02:05:53
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Provinces

Kasaï : le gouverneur alerte sur les retards persistants du chantier routier Tshikapa–Kamako

Deux ans après son lancement officiel, le projet de construction de la route Tshikapa–Kamako, considéré comme stratégique pour l’ouverture économique de la province du Kasaï, accuse un retard jugé préoccupant. Dans une correspondance adressée au ministère national des Infrastructures et Travaux publics, le gouverneur Crispin Mukendi Bukasa appelle à une intervention urgente afin de relancer un chantier dont l’avancement demeure largement en deçà des attentes.

Dans cette lettre datée du 8 mars, l’autorité provinciale attire l’attention du gouvernement central sur la lente progression des travaux, confiés à l’entreprise TOHA Investment SARL. Selon lui, près de deux ans après le début du projet, les résultats visibles sur le terrain restent limités.

Ce projet d’infrastructure vise pourtant à transformer l’axe reliant Tshikapa, Kandjaji et Kamako en une route moderne en béton bitumineux. Il prévoit également la construction d’une bretelle vers Kamonia sur environ 15 kilomètres, ainsi que l’installation de trois postes de péage et de pesage. À ces infrastructures routières s’ajoutent des aménagements urbains et économiques, notamment 10 kilomètres de voiries dans les villes de Tshikapa et Kamako, la construction d’un port sec et l’aménagement d’un poste frontalier à Kamako.

Mais malgré ces ambitions, les autorités provinciales dressent un constat préoccupant. Le chantier a connu une suspension prolongée entre octobre 2025 et janvier 2026, avant de reprendre timidement au début de cette année. Depuis cette reprise, les travaux se limitent essentiellement à des opérations ponctuelles d’entretien et de terrassement.

Pour le premier lot, couvrant la section Tshikapa–Shakhuaji–Kamonia sur près de 70 kilomètres, le taux d’exécution physique n’atteint que 18,63 %, selon les données communiquées par l’administration provinciale. Une progression jugée très insuffisante au regard du calendrier initial.

Les autorités locales s’inquiètent d’autant plus que les travaux de terrassement déjà réalisés commencent à se détériorer sous l’effet des longues interruptions du chantier et des conditions climatiques. D’autres étapes essentielles du projet restent encore à l’arrêt. La mise en place des fondations de la chaussée, les travaux d’assainissement, la pose du revêtement bitumineux ou encore la construction des postes de péage n’ont toujours pas débuté.

Le gouvernement provincial identifie plusieurs facteurs expliquant ces retards. Parmi eux figurent les interruptions répétées du chantier, l’absence d’un calendrier d’exécution clair, ainsi qu’une mobilisation jugée insuffisante en matériel et en main-d’œuvre.

Le manque de matériaux sur le site, l’arrêt prolongé du concasseur utilisé pour le concassage des pierres, ainsi que certaines tensions sociales autour du projet ont également contribué à ralentir l’avancement des travaux. Les fortes pluies enregistrées dans la région ces derniers mois ont par ailleurs compliqué les opérations sur le terrain.

Des difficultés de coordination entre les différents acteurs impliqués dans la mise en œuvre du projet sont également évoquées par les autorités provinciales.

Face à cette accumulation de contraintes techniques, financières et organisationnelles, le gouverneur Crispin Mukendi Bukasa estime que le chantier risque de ne pas être achevé dans les délais contractuels si aucune mesure corrective n’est prise rapidement.

Il appelle ainsi à une mobilisation accrue de moyens techniques et humains, à la régularisation des financements et au respect strict des engagements contractuels par l’ensemble des parties prenantes.

Pour l’autorité provinciale, la route Tshikapa–Kamako représente un axe vital pour le développement du Kasaï. Elle doit notamment faciliter les échanges commerciaux avec l’Angola voisin et renforcer la connectivité entre les différentes localités de la province.

À ce stade, souligne le gouverneur, une grande partie des travaux réalisés se limite encore aux phases préparatoires et aux terrassements. La reprise des activités observée depuis janvier 2026 reste insuffisante pour garantir une finalisation du projet dans les délais initialement fixés.

Stony Mulumba

 

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