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Kinshasa
20 avril, 2026 - 17:44:27
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Se compter pour mieux gouverner [Edito]

Quarante-deux ans. C’est le temps qu’il aura fallu à la République démocratique du Congo pour revenir à un geste élémentaire d’État : se compter. À Kinshasa, la mobilisation de plus de 200 millions de dollars pour le RGPH2 marque un tournant. Ce n’est pas un détail technique. C’est une décision politique. Et elle est salutaire.

Le constat est implacable. Un pays de plus de 112 millions d’habitants gouverné avec des données héritées de 1984. Une démographie galopante. Des politiques publiques souvent contraintes par l’incertitude. Dans ces conditions, planifier relève presque de l’intuition. Investir devient risqué. Répartir équitablement les ressources, incertain.

Il fallait rompre avec cette cécité statistique. Le pouvoir congolais l’a fait. Et il faut le dire sans détour : c’est un choix juste.

Car un recensement n’est pas un luxe. C’est une infrastructure invisible. Sans chiffres fiables, pas d’écoles bien dimensionnées. Pas de système de santé efficace. Pas de politique agricole cohérente. Le RGPH2 s’inscrit ainsi au cœur des réformes engagées. Gratuité de l’enseignement. Couverture santé. Développement local. Toutes ces ambitions exigent une base solide. Les données en sont la colonne vertébrale.

L’engagement des bailleurs n’est pas anodin. Il traduit une confiance. Mais aussi une exigence. Celle de la transparence. Celle de la rigueur. Celle de la crédibilité. Le message est clair : l’effort est soutenu, mais il sera observé.

C’est ici que le défi commence vraiment. Car financer un recensement est une chose. Le réussir en est une autre. Il faudra garantir son intégrité. Écarter toute tentation de manipulation. Associer les populations. Expliquer. Convaincre. Rassurer. Un recensement réussi est d’abord un recensement accepté.

La RDC joue ici plus qu’un exercice administratif. Elle joue une part de sa souveraineté. Se connaître, c’est se maîtriser. Se compter, c’est se projeter. Se comprendre, c’est se transformer.

Le cap est posé. Il est le bon. Mais il oblige. Il oblige à la discipline. À la méthode. À la vérité des chiffres.

Car au fond, une évidence s’impose. Un pays qui refuse de voir sa réalité se condamne à la subir. Un pays qui la mesure peut enfin la changer.

Infos27

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