À Genève, la RDC sonne l’alarme. Devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, la ministre d’État Ève Bazaiba a dressé un tableau préoccupant de la situation humanitaire, marquée par des déplacements massifs et des violations persistantes dans l’Est du pays. Alors que plus de 7 millions de personnes nécessitent une assistance, le plan d’urgence reste largement sous-financé. Kinshasa cherche ainsi à mobiliser la communauté internationale autour d’une crise qui s’aggrave, dans un contexte sécuritaire toujours instable.
Porter la voix des populations vulnérables sur la scène internationale. La ministre d’État en charge des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, a pris part, mardi, aux travaux de la session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à Genève, avec pour objectif d’alerter sur la dégradation persistante de la situation humanitaire en République démocratique du Congo.
Arrivée en Suisse pour un briefing spécial consacré à la RDC, la responsable gouvernementale a présenté un exposé détaillé sur l’ampleur de la crise, marquée par des décennies de conflits et une détérioration notable dans la partie orientale du pays. Une région où les violences armées continuent de provoquer des déplacements massifs de populations et de graves atteintes aux droits humains.
« L’insécurité persistante dans l’Est de la RDC constitue l’une des principales causes de la crise humanitaire », a déclaré Ève Bazaiba, soulignant que cette situation alimente un cycle de vulnérabilité qui affecte des millions de Congolais.
Dans son intervention, la ministre d’État a insisté sur la nécessité d’une mobilisation accrue de la communauté internationale, face à une crise qui dépasse désormais les capacités de réponse nationales. La participation de la RDC à cette session onusienne vise précisément à attirer l’attention sur les besoins urgents des populations affectées, dans un contexte où les ressources disponibles restent insuffisantes.
Selon les données présentées, plus de 7 millions de personnes sont actuellement ciblées par le plan d’urgence humanitaire lancé le 1er décembre 2025, estimé à 1,4 milliard de dollars. Pourtant, à ce stade, le niveau de financement demeure largement en deçà des besoins exprimés, compromettant la mise en œuvre effective des interventions prévues.
Ce déficit de financement limite notamment les capacités d’assistance dans les domaines essentiels tels que la santé, la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau potable et la protection des populations déplacées. Une situation qui, selon les autorités congolaises, appelle une réponse rapide et coordonnée des partenaires internationaux.
Au-delà des chiffres, c’est une réalité humaine que Kinshasa cherche à mettre en avant. Celle de communautés entières contraintes de fuir les violences, de familles privées d’accès aux services de base et d’enfants exposés à des conditions de vie précaires.
Dans ce contexte, la ministre d’État a également évoqué les causes profondes de cette crise, pointant notamment l’activisme des groupes armés dans l’Est du pays, ainsi que les dynamiques sécuritaires régionales qui continuent d’alimenter l’instabilité.
La démarche de la RDC à Genève s’inscrit ainsi dans un plaidoyer plus large en faveur d’un engagement renforcé de la communauté internationale, tant sur le plan humanitaire que sécuritaire. Pour Kinshasa, il s’agit non seulement d’obtenir un soutien financier accru, mais aussi de susciter une prise de conscience collective face à une crise prolongée.
Alors que les besoins ne cessent de croître, les autorités congolaises misent sur cette tribune internationale pour impulser une dynamique nouvelle. En attendant, sur le terrain, la situation demeure critique, rappelant l’urgence d’une réponse à la hauteur des défis.
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