Coup de tonnerre au sein de l’Alliance des Forces démocratiques du Congo. Réuni à Kinshasa, le collège des fondateurs a acté mercredi la mise à l’écart de Modeste Bahati Lukwebo et installé un comité de crise chargé de reprendre la main sur le parti. Présidé par le Mwami Clovis Otto Bahizi, cet organe exceptionnel se donne pour mission de restaurer la cohésion interne et de préparer un congrès extraordinaire dans un climat de fortes tensions. Derrière cette reconfiguration, c’est la question du leadership et de l’ancrage national de l’AFDC qui se joue désormais ouvertement.
L’Alliance des Forces démocratiques du Congo (AFDC) traverse une zone de fortes turbulences. Réunis mercredi à Kinshasa, les membres du collège des fondateurs ont acté un tournant majeur en désavouant l’ancienne autorité morale, Modeste Bahati Lukwebo, et en mettant en place un comité de crise chargé d’assurer la direction intérimaire du parti.
À l’issue de cette réunion, les fondateurs ont désigné le Mwami Clovis Otto Bahizi comme président national faisant fonction. Il sera épaulé par quatre cadres de la formation politique dans ce qui est présenté comme un dispositif exceptionnel destiné à stabiliser l’organisation.
Dans une déclaration solennelle, Otto Bahizi a justifié la décision en invoquant les prérogatives historiques du collège des fondateurs. « Le collège des fondateurs, fort du principe de parallélisme des formes, revêtu du pouvoir de fondateur et par conséquent de celui de refondateur, décide à dater de ce jour de la mise en place du comité de crise, organe extrastatutaire », a-t-il affirmé.
Selon lui, cette structure transitoire poursuit plusieurs objectifs précis : « maintenir les acquis du parti au sein de l’Union Sacrée de la Nation; ramener la confiance et la cohésion au sein de ses structures; convoquer et organiser un congrès extraordinaire du parti dans un délai raisonnable ». Une feuille de route qui traduit la volonté de réorganiser en profondeur l’appareil politique, fragilisé par des tensions internes croissantes.
Au cœur de cette crise, la contestation du leadership de Modeste Bahati Lukwebo, accusé par une partie des cadres de s’être éloigné de l’esprit fondateur du parti. Sans le nommer directement dans certains passages, Otto Bahizi a néanmoins laissé transparaître une rupture nette avec l’ancienne direction.
« Certains vont dire que j’ai trahi, oui j’ai trahi la trahison pour remettre les pendules à l’heure et ramener le parti dans son caractère national », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « en lieu et place d’un fait privé où seule la famille de l’ancienne autorité morale se retrouve au détriment de 80% des membres ».
Ces propos traduisent l’ampleur du malaise interne et la profondeur des divisions qui traversent aujourd’hui l’AFDC. La mise en place d’un organe extrastatutaire, bien que revendiquée comme légitime par ses initiateurs, pourrait également ouvrir une bataille juridique et politique autour de la direction du parti.
En arrière-plan, l’enjeu dépasse la seule organisation interne. L’AFDC, membre de l’Union Sacrée de la Nation, joue un rôle non négligeable dans les équilibres politiques actuels. La recomposition en cours pourrait ainsi avoir des répercussions sur ses alliances et son positionnement au sein de la majorité.
Reste désormais à savoir si ce comité de crise parviendra à s’imposer comme autorité reconnue par l’ensemble des structures du parti et à organiser, dans les délais annoncés, un congrès susceptible de trancher définitivement la question du leadership. En attendant, l’AFDC s’enfonce dans une phase d’incertitude où se mêlent rivalités internes, enjeux de pouvoir et recomposition politique.
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