Le doute s’installe là où l’espoir avait été suscité. Au Nord-Kivu, l’Alliance des Congolais pour la Défense des Intérêts du Peuple (ACDIP) alerte sur le retard dans la mise en œuvre d’un projet routier pourtant annoncé comme prioritaire. Trois mois après les engagements pris sur le terrain, aucune avancée visible n’est constatée à Beni, Butembo et Walikale. À travers une correspondance officielle adressée au ministre des Infrastructures et Travaux Publics (ITP), le président national de l’ACDIP appelle à une concrétisation rapide des promesses, dans une région où les infrastructures restent un levier clé de stabilité et de développement.
L’impatience gagne du terrain dans le Nord-Kivu. L’Alliance des Congolais pour la Défense des Intérêts du Peuple (ACDIP) a officiellement saisi le Gouvernement pour demander des explications sur le retard constaté dans la réalisation des travaux de modernisation des infrastructures routières annoncés dans la région.
Dans une correspondance datée du 27 mars 2026 et adressée notamment à la Présidence de la République, à la Primature et au ministère des Infrastructures et Travaux publics, le mouvement politique dirigé par Jonas Mumbere Kisalu wa Kasimba exprime son inquiétude face à l’absence de démarrage des travaux dans les villes de Beni, Butembo et le territoire de Walikale.
Des engagements restés sans suite visible
À l’origine de cette interpellation, les engagements pris par le ministre des Infrastructures et Travaux publics lors de sa mission au Nord-Kivu en décembre 2025. À cette occasion, en marge du lancement des travaux de la route Butembo-Kanyabayonga, il avait annoncé un programme de construction et de modernisation de 50 kilomètres de voirie dans ces zones stratégiques.
Trois mois plus tard, le constat dressé sur le terrain est sans appel : aucune activité significative n’a été observée. « La population, émerveillée par cette promesse, attendait de voir le début effectif des travaux en janvier 2026 (…) à ce jour, nous constatons que rien n’est entrepris dans ce sens sur le terrain », souligne la lettre signée par le président national de l’ACDIP.
Cette absence de concrétisation alimente les frustrations dans une région où les attentes en matière d’infrastructures sont particulièrement élevées, notamment en raison des défis sécuritaires et économiques persistants.
Un enjeu stratégique pour le développement
Pour l’ACDIP, ces projets routiers ne relèvent pas uniquement d’un engagement technique, mais s’inscrivent dans une vision plus large de transformation économique et sociale. Le mouvement rappelle que l’amélioration des infrastructures constitue un levier essentiel pour renforcer l’autorité de l’État, faciliter les échanges et stimuler l’activité économique locale.
« La matérialisation de cette vision contribuera non seulement à renforcer la présence de l’État, mais également à réduire le chômage à travers la création d’emplois directs et indirects », peut-on lire dans la correspondance.
Dans un contexte marqué par l’insécurité dans l’Est du pays, la construction de routes apparaît également comme un outil stratégique pour améliorer la mobilité, renforcer la connectivité des territoires et soutenir les opérations de stabilisation.
Un appel à l’action des autorités
Face à cette situation, l’ACDIP appelle le ministre des Infrastructures et Travaux publics à prendre les dispositions nécessaires pour honorer les engagements pris. Le président du parti exhorte les autorités à « faire usage de leur autorité et de leur capacité de management » afin d’assurer le démarrage effectif des travaux.
La démarche de cette formation politique s’inscrit dans une logique de plaidoyer en faveur de l’intérêt général. Elle vise à rappeler la nécessité d’une cohérence entre les annonces publiques et leur mise en œuvre sur le terrain.
Des copies de cette correspondance ont été transmises au président de la République, à la Première ministre ainsi qu’au gouverneur militaire du Nord-Kivu, signe de l’importance accordée à cette question.
À Beni, Butembo et Walikale, les regards restent désormais tournés vers Kinshasa. Pour les populations locales, la concrétisation de ces projets routiers représente bien plus qu’une simple amélioration des infrastructures : elle incarne un espoir de relance économique, de désenclavement et de retour progressif à la normalité.
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