Sous pression d’une crise pétrolière mondiale aggravée par les tensions militaires au Moyen-Orient, le gouvernement congolais tente de rassurer sur sa capacité à contenir les effets de la hausse des prix des carburants. Auditionné mardi à l’Assemblée nationale, le Vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale a défendu un dispositif articulé autour de mesures immédiates et d’une stratégie à plus long terme. Face aux inquiétudes sur une éventuelle flambée des prix et des ruptures d’approvisionnement, l’exécutif affirme privilégier la stabilité à la pompe et la sécurisation des stocks. Les députés, eux, annoncent un suivi étroit de la mise en œuvre des engagements gouvernementaux.
Dans un contexte marqué par une tension accrue sur les marchés énergétiques mondiaux, l’Assemblée nationale a auditionné, lundi 30 mars, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, sur la gestion de la hausse des prix des produits pétroliers en République démocratique du Congo.
Cette audition intervient alors que la crise militaire au Moyen-Orient exerce une pression directe sur les cours du pétrole, avec des répercussions attendues sur les économies fortement dépendantes des importations, comme celle de la RDC. Face à cette situation, le gouvernement a tenu à rassurer sur sa capacité à contenir les effets de cette hausse.
« Il n’y aura pas de rupture de stock et la stabilité du prix à la pompe demeure une priorité », a affirmé le Vice-Premier ministre devant les députés, mettant en avant les dispositions prises pour sécuriser l’approvisionnement du pays en produits pétroliers.
Au cœur de la stratégie gouvernementale figure un plan de contingence, conçu pour répondre à court terme aux fluctuations du marché international. Ce dispositif, selon l’exécutif, repose sur des mesures dites « appropriées » visant à amortir les chocs externes et à éviter une transmission directe de la hausse des prix aux consommateurs.
La Commission économique et financière (ECOFIN), qui a conduit cette séance sous la direction de son président Guy Mafuta, a procédé à une analyse approfondie des réponses gouvernementales. Les échanges ont porté aussi bien sur les mesures immédiates que sur les perspectives à moyen et long termes.
Le député national Éric Tshikuma a détaillé les axes de travail de la commission. « Nous avons fait l’inventaire des décisions déjà prises par le Gouvernement en réaction à la crise pétrolière internationale actuelle, examiné les mesures de court terme, analysé les mesures de moyen terme, interrogé la vision de long terme du Gouvernement pour renforcer la résilience de l’économie congolaise face aux chocs externes », a-t-il déclaré.
Au-delà de ce diagnostic, les élus ont également formulé des recommandations destinées à renforcer la capacité du pays à anticiper les crises. « Il s’agit de permettre à la RDC de quitter définitivement la position de “subir” le choc pétrolier et l’inflation importée, pour se doter de véritables mécanismes de prévention et d’amortissement », a poursuivi le parlementaire.
Cette audition met en lumière les défis structurels auxquels fait face l’économie congolaise, fortement exposée aux variations des prix internationaux. La dépendance aux importations de produits pétroliers rend le pays particulièrement vulnérable aux crises géopolitiques, comme celle en cours au Moyen-Orient.
Dans ce contexte, le gouvernement affirme vouloir inscrire son action dans une vision stratégique globale, articulée autour de trois horizons : des mesures immédiates pour contenir les effets de la crise, des réformes à moyen terme pour stabiliser le secteur, et des politiques de long terme visant à renforcer la résilience économique.
Le Vice-Premier ministre s’est voulu à la fois rassurant et vigilant. Il a insisté sur la nécessité d’agir rapidement pour limiter les risques d’inflation importée, tout en soulignant que la situation reste étroitement liée à l’évolution du contexte international.
Du côté du Parlement, la vigilance reste de mise. La commission ECOFIN a annoncé qu’elle assurerait un suivi rapproché de la mise en œuvre des mesures annoncées. « Il nous revient, dans le cadre de nos prérogatives, de veiller en permanence à ce que les réponses du Gouvernement soient à la hauteur des défis, qu’elles soient cohérentes et effectivement mises en œuvre », a insisté Éric Tshikuma.
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