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3 avril, 2026 - 21:58:32
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RDC : l’ACDIP exige une délimitation consensuelle du parc des Virunga pour la paix

Mettre fin à plus de vingt ans de tensions autour du Parc national des Virunga. Dans une note officielle transmise au gouvernement, l’ACDIP appelle à une redéfinition « consensuelle » des limites de cette aire protégée, au cœur de conflits récurrents entre l’ICCN et les communautés locales. « La délimitation ne sera pas seulement un exercice cartographique, mais un impératif pour la fin d’un conflit vieux de plus de 20 ans », affirme son président Mumbere Kisalu Wa Kasimba Jonas. Le parti plaide pour une approche inclusive, conciliant impératifs environnementaux, droits des populations et sécurité.

L’Alliance des Congolais pour la Défense des Intérêts du Peuple (ACDIP) a officiellement saisi le gouvernement congolais d’une note de plaidoyer appelant à une délimitation « consensuelle » du Parc national des Virunga (PNVi), dans le but de mettre un terme à des conflits persistants entre l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et les communautés riveraines.

Daté du 31 mars 2026 et signé par son président national, Mumbere Kisalu Wa Kasimba Jonas, le document a été adressé au ministère de l’Environnement et du Développement durable, avec ampliation aux plus hautes autorités du pays, dont le Président de la République et la Première ministre.

Au cœur de cette démarche, l’ACDIP met en cause les fondements historiques du conflit, remontant à la création du parc en 1925 sous l’administration coloniale belge.

« C’est dans ce contexte que les populations qui habitaient cette zone furent contraintes de se déplacer et de perdre les droits traditionnels sans aucune forme de procès », souligne la note.

Selon le parti, l’absence de prise en compte des droits des populations locales dans les délimitations successives du parc, notamment en 1929 et 1950, constitue le point de départ d’un contentieux qui perdure depuis près d’un siècle, aggravé aujourd’hui par la pression démographique et les besoins croissants en terres agricoles.

Cette situation engendre régulièrement des affrontements entre les éco-gardes de l’ICCN et les habitants, dans un climat de méfiance et de tensions. L’ACDIP évoque plusieurs incidents récents pour illustrer la gravité de la situation.

À Mayangose, dans le territoire de Beni, plus de vingt hectares de cultures ont été détruits en septembre 2025, provoquant une révolte des populations locales. À Kasindi, des habitants se voient privés d’accès à des services essentiels tels que l’eau et l’électricité en raison de leur localisation dans des zones considérées comme appartenant au parc. À Kididiwe, des altercations ont entraîné des blessés par balles parmi les agriculteurs.

Au-delà des tensions sociales, le document alerte également sur les implications sécuritaires de cette situation.

« Cette situation favorise l’exploitation illicite par des groupes armés qui se ressourcent au sein du parc », indique l’ACDIP, pointant un risque accru d’instabilité dans la région.

Face à ce constat, le parti propose une série de six mesures visant à instaurer une solution durable. La première consiste en une redéfinition des limites du parc dans un cadre « consensuel », prenant en compte les réalités démographiques et les besoins des populations locales.

L’ACDIP préconise également la mise en place de moyens de subsistance alternatifs, notamment à travers le développement de projets agricoles, énergétiques et halieutiques hors du parc, afin de réduire la pression sur les ressources naturelles protégées.

Le partage équitable des revenus issus du parc, en particulier ceux générés par le tourisme et les activités énergétiques, figure également parmi les recommandations, avec pour objectif de renforcer l’adhésion des communautés locales à la conservation.

Par ailleurs, le parti insiste sur la nécessité d’une gestion inclusive, impliquant les autorités coutumières et les leaders locaux dans les processus décisionnels, ainsi que sur le renforcement de la formation des éco-gardes au respect des droits humains.

Enfin, la sécurisation des zones périphériques, notamment par la lutte contre les groupes armés, est présentée comme une condition essentielle pour stabiliser durablement la région.

En conclusion, l’ACDIP appelle à une intervention rapide des autorités, estimant que la question de la délimitation dépasse le cadre technique.

« La délimitation ne sera pas seulement un exercice cartographique, mais un impératif pour la fin d’un conflit vieux de plus de 20 ans », martèle Mumbere Kisalu Wa Kasimba Jonas.

À travers cette initiative, le parti entend replacer le débat sur les Virunga au cœur des priorités nationales, dans une approche conciliant préservation de l’environnement, droits des populations et impératifs de sécurité.

Infos27

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