Rééquilibrer un secteur dominé par des intérêts extérieurs. Face à la marginalisation des transporteurs congolais, limités à environ 1 % d’un flux annuel de près de 3 millions de tonnes de cuivre exportées, l’ARSP enclenche l’application stricte de la réglementation sur le transport transfrontalier. Objectif : réserver 50 % des marchandises aux opérateurs nationaux. Un moratoire de 60 jours est accordé aux entreprises pour se conformer à cette exigence. Soutenue par les autorités, cette mesure s’inscrit dans la promotion du contenu local et vise à renforcer la place des PME congolaises dans l’économie.
Le signal est clair : le statu quo n’est plus tenable. L’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) a engagé une offensive pour faire appliquer la réglementation sur le transport transfrontalier des marchandises au départ de la République démocratique du Congo. Au cœur de cette initiative, l’arrêté du Vice-Premier ministre en charge des Transports, qui impose l’attribution de 50 % des volumes aux transporteurs publics congolais.
Cette décision intervient dans un contexte jugé déséquilibré. Selon les données évoquées par l’ARSP, les opérateurs congolais ne représentent qu’environ 1 % du transport des quelque 3 millions de tonnes de cuivre exportées chaque année. Une situation perçue comme un manque à gagner majeur pour l’économie nationale et un frein au développement des entreprises locales.
Pour corriger cette asymétrie, les autorités entendent passer à l’action. À l’issue d’une séance de travail réunissant le Vice-Premier ministre, ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba Gombo, le président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), Robert Malumba, et le directeur général de l’ARSP, Miguel Kashal Katemb, un dispositif transitoire a été arrêté.
« Un moratoire de 60 jours sera accordé aux entreprises concernées afin de se mettre en règle », a annoncé Miguel Kashal Katemb. Cette période, présentée comme une mise en demeure, vise à permettre aux opérateurs économiques d’adapter leurs pratiques et de se conformer aux nouvelles exigences réglementaires.
Au-delà de ce délai, les autorités préviennent que la mesure sera appliquée avec rigueur. L’objectif affiché est d’assurer une redistribution plus équitable des opportunités dans le secteur du transport, en intégrant davantage les acteurs nationaux dans les chaînes logistiques liées aux exportations minières.
Cette orientation s’inscrit dans une dynamique plus large portée par le chef de l’État, Félix Tshisekedi, qui plaide pour une promotion accrue du contenu local. À travers cette politique, le gouvernement entend renforcer le tissu économique congolais, en particulier les petites et moyennes entreprises, souvent exclues des marchés les plus lucratifs.
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