Un écoulement continu, des routes fragilisées et des habitants à bout. À Kinshasa, au croisement des avenues Simba et Elengesa, une fuite d’eau persistante depuis près d’un mois met à rude épreuve les infrastructures et le quotidien des riverains. Entre dégradation accélérée de la chaussée, difficultés de circulation et risques sanitaires croissants, la situation inquiète. Les habitants dénoncent l’inaction et appellent à une intervention urgente de la Regideso, alors que le phénomène s’étend à plusieurs quartiers voisins, révélant des fragilités structurelles plus larges dans la gestion des réseaux d’eau urbains.
À Kinshasa, les conséquences d’une fuite d’eau non maîtrisée prennent une ampleur préoccupante. Au croisement des avenues Simba et Elengesa, à la limite des communes de Kalamu et Ngiri-Ngiri, un tuyau endommagé laisse s’écouler de l’eau en continu depuis près d’un mois, dégradant progressivement la chaussée et compliquant la circulation.
Sur place, le constat est sans appel. L’eau traverse la route en permanence, créant des flaques persistantes et des zones boueuses qui entravent la mobilité des piétons comme des motocyclistes. Ce carrefour, déjà très fréquenté, devient difficilement praticable, notamment aux heures de pointe, où les usagers doivent redoubler de vigilance pour éviter les glissades ou les embouteillages.
Pour les riverains, la situation devient de plus en plus difficile à supporter. « Chaque matin, je dois éviter ce coin pour ne pas me salir, et pourtant, personne ne vient réparer ce tuyau qui fuit », déplore Marie-Louise Matadi, vendeuse de légumes installée à proximité. Comme elle, de nombreux habitants expriment leur lassitude face à ce problème qui s’éternise.
Au-delà des désagréments quotidiens, les inquiétudes portent également sur l’état des infrastructures. L’écoulement permanent d’eau fragilise la chaussée, déjà vulnérable. « Si ça continue, la route va finir par céder. On voit déjà des signes d’affaissement », alerte Jean-Pierre Mutombo, conducteur de taxi-moto. Il ajoute que « l’eau a aussi contribué à endommager le rond-point Mariano, actuellement en réhabilitation », aggravant ainsi les coûts de remise en état.
Le phénomène ne se limite pas à ce seul carrefour. Dans plusieurs quartiers environnants, notamment Elengesa, Karthoum et Kimbangu, des situations similaires sont observées. Des fuites d’eau sont signalées sur les axes Bambili-Elengesa, Simba-Kasa-Vubu, ainsi que sur la 14ᵉ et la 36ᵉ rue. Autant de points noirs qui perturbent la circulation et témoignent d’un problème plus large dans la gestion des infrastructures hydrauliques urbaines.
Outre les impacts sur la mobilité, les habitants évoquent des risques sanitaires croissants. L’eau stagnante favorise l’insalubrité et peut devenir un foyer de prolifération de moustiques et d’autres agents pathogènes. Dans un contexte urbain déjà confronté à des défis d’assainissement, ces fuites viennent accentuer la vulnérabilité des populations.
Face à cette situation, les appels à l’intervention se multiplient. Les riverains exhortent la Régie de distribution d’eau (Regideso) à agir rapidement pour colmater les fuites et prévenir des dégâts plus importants. Pour eux, il ne s’agit plus seulement d’un problème technique ponctuel, mais d’un enjeu de sécurité publique et de préservation des infrastructures.
Cette situation met en lumière les défis persistants liés à l’entretien des réseaux urbains dans la capitale congolaise. Entre vétusté des installations, pression démographique et manque de maintenance régulière, les incidents de ce type tendent à se multiplier, avec des conséquences directes sur la qualité de vie des habitants.
Jegou-Michel Mpiutu

