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17 avril, 2026 - 05:04:38
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Cacao en RDC : Julien Paluku devant l’Assemblée face à la chute des prix producteurs

Chute brutale des prix, producteurs fragilisés, marchés instables : devant l’Assemblée nationale, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a livré une lecture détaillée de la crise du cacao en République démocratique du Congo. Interpellé par le député Élie Kambale, il a pointé des facteurs internationaux mais surtout des faiblesses internes structurelles. Le gouvernement mise désormais sur une stratégie axée sur la diversification des marchés, l’amélioration de la qualité et la transformation locale afin de redonner du pouvoir de négociation aux producteurs et stabiliser durablement la filière.

Face aux députés nationaux, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a été auditionné, mercredi 8 avril, sur la déconnexion croissante entre les cours mondiaux du cacao et les revenus des producteurs congolais. À l’initiative du député Élie Kambale Musavuli Vughumawa, cette question d’actualité a mis en lumière une situation préoccupante : le prix du kilogramme de cacao est tombé à 3,09 dollars en RDC, contre plus de 5,85 dollars en décembre 2025 et près de 11 dollars en décembre 2024.

Pour expliquer cette tendance, le ministre a d’abord évoqué des facteurs exogènes, notamment « l’offre excédentaire sur la campagne 2025-2026 », la recomposition de la demande européenne liée à la crise énergétique et « l’absence de coordination du duopole ouest-africain », en référence à la Côte d’Ivoire et au Ghana, dont les mécanismes de régulation ont montré leurs limites face à la spéculation.

Mais l’essentiel de son diagnostic s’est concentré sur des causes internes. Julien Paluku a pointé « la fragmentation de l’offre », caractérisée par une faible structuration des coopératives, laissant les producteurs isolés face aux acheteurs. À cela s’ajoute « un déficit de qualité », avec un cacao souvent vendu brut, insuffisamment fermenté et parfois impur, entraînant des pénalités sur les prix. Enfin, le ministre a dénoncé « le calvaire logistique », marqué par le manque d’infrastructures de transport et de stockage, contraignant les producteurs à vendre rapidement « à n’importe quel prix pour éviter les pertes ».

Une riposte axée sur les marchés, la qualité et la transformation

Pour inverser la tendance, le gouvernement privilégie une approche fondée sur les mécanismes du marché plutôt que sur une fixation administrative des prix. « Nous misons sur la force du marché », a affirmé Julien Paluku, en détaillant trois axes stratégiques.

Le premier repose sur la diversification des débouchés, notamment vers les marchés chinois, britannique, émirati et américain, avec la reconduction de l’AGOA permettant aux produits congolais d’accéder sans droits de douane. Le deuxième axe concerne l’amélioration de la qualité, à travers la formation des producteurs et exportateurs aux normes sanitaires et phytosanitaires. « Sans certification, l’accès direct aux grands chocolatiers est impossible », a-t-il rappelé.

Enfin, le troisième pilier vise le développement de la transformation locale et le renforcement du pouvoir de négociation des producteurs. Le ministre a insisté sur l’importance de sortir de l’exportation brute pour capter davantage de valeur ajoutée. Il a également mis en avant les efforts de labellisation, portés notamment par l’ANAPEX et l’intégration de la RDC à l’Organisation internationale du cacao (ICCO).

Dans cette perspective, le cacao aromatisé apparaît comme une opportunité stratégique, avec des prix pouvant atteindre 10.000 dollars la tonne, contre environ 3.000 dollars pour le cacao ordinaire. Le gouvernement prévoit par ailleurs une mission de sensibilisation dans les principales zones de production, notamment à Beni, en Ituri et dans le Grand Équateur.

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