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17 avril, 2026 - 21:07:11
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ONU : la RDC alerte sur les atrocités à l’Est et réclame des comptes

À New York, la République démocratique du Congo a porté un message sans ambiguïté devant le Conseil de sécurité des Nations unies : la protection des civils et des acteurs humanitaires ne peut être relativisée. Dans un contexte de recrudescence des violences, notamment à l’Est du pays, Kinshasa a dénoncé l’écart persistant entre les engagements internationaux et leur application concrète. S’appuyant sur des faits documentés, la délégation congolaise a appelé à une mobilisation internationale plus cohérente, à la fin de l’impunité et au respect strict du droit international humanitaire, tout en pointant des exactions graves attribuées au M23 avec l’appui de forces rwandaises.

Lors de la 10131e séance du Conseil de sécurité des Nations unies, tenue le 8 avril 2026 à New York, la République démocratique du Congo (RDC) a réaffirmé avec fermeté que la protection des civils ainsi que la sécurité du personnel humanitaire et onusien constituent des « impératifs absolus » dans les contextes de conflit armé.

Prenant la parole devant les membres du Conseil, l’ambassadeur Zenon Mukongo, représentant permanent de la RDC, a salué la tenue de cette session consacrée à la sécurité des acteurs humanitaires, tout en soulignant la gravité de la situation sur le terrain. « Le constat est sans appel », a-t-il déclaré, évoquant des populations civiles « continuant à payer un lourd tribut » à travers violences, déplacements forcés et violations graves du droit international humanitaire.

Dans son intervention, le diplomate congolais a insisté sur la pertinence de la résolution 2730 adoptée en mai 2024, qu’il a qualifiée de « jalon essentiel ». Ce texte, a-t-il rappelé, consacre une obligation juridique contraignante pour toutes les parties aux conflits de protéger les civils, les humanitaires et les personnels des Nations unies. « Elle réaffirme des principes fondamentaux comme la distinction, la proportionnalité et la précaution », a-t-il précisé, appelant à leur application stricte et universelle.

Cependant, au-delà du cadre normatif, Kinshasa a mis en lumière le décalage persistant entre les engagements internationaux et leur mise en œuvre effective. « Ce cadre dépend de la volonté politique », a martelé Zenon Mukongo, rappelant qu’en novembre 2024, 116 délégations avaient déjà alerté sur une année particulièrement meurtrière pour les travailleurs humanitaires.

Le représentant congolais a également dénoncé certaines prises de position internationales tendant à reléguer la protection des civils au second plan. « Cette perception est inacceptable », a-t-il affirmé, en réaction à des déclarations évoquant des « dommages collatéraux » dans des opérations militaires.

Pour illustrer concrètement cette réalité, la RDC s’est appuyée sur un rapport publié le 1er avril 2026 par Human Rights Watch concernant la ville d’Uvira. Ce document fait état d’exactions graves attribuées au M23, avec la participation active de forces rwandaises. Parmi les faits documentés figurent des exécutions sommaires, des enlèvements, des restrictions de mouvement ainsi que des violences sexuelles. « Trois charniers ont déjà été identifiés et de nombreuses personnes restent portées disparues », a indiqué l’ambassadeur.

Face à cette situation, Kinshasa a condamné « avec fermeté » toutes les attaques visant les civils, les personnels humanitaires et les infrastructures essentielles, notamment les écoles. « Ces actes constituent des violations flagrantes du droit international humanitaire et doivent être sanctionnés avec la plus grande rigueur », a insisté le diplomate.

La RDC a, par ailleurs, rappelé la responsabilité première des États dans la protection de leurs populations, tout en réaffirmant sa volonté de renforcer la sécurité sur son territoire en collaboration avec ses partenaires internationaux.

Dans une série de recommandations, la délégation congolaise a appelé au respect strict du droit international humanitaire, au renforcement des mécanismes de prévention et de réponse aux violations, à une lutte accrue contre l’impunité et à un soutien renforcé aux opérations de maintien de la paix.

Enfin, Kinshasa a souligné la nécessité de s’attaquer aux causes profondes des conflits, notamment la pauvreté, l’exploitation illégale des ressources naturelles et les tensions communautaires. « Aucune paix durable n’est envisageable sans cela », a conclu Zenon Mukongo.

En clôture, la RDC a lancé un appel solennel à la communauté internationale : garantir la protection des civils et des humanitaires, c’est préserver la dignité humaine et restaurer la crédibilité de l’action multilatérale.

Infos27

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