Mesurer la pauvreté des enfants au-delà des seuls revenus : tel est l’enjeu de l’étude Moda 2025 examinée à Kinshasa lors d’un atelier technique réunissant autorités congolaises et partenaires internationaux. Soutenue par l’Unicef, cette démarche met en lumière les multiples privations qui affectent les enfants, de l’accès aux soins à l’éducation, en passant par l’eau potable et la protection juridique. En croisant données monétaires et indicateurs sociaux, le gouvernement entend affiner ses politiques publiques pour mieux répondre aux vulnérabilités spécifiques de l’enfance en RDC.
La lutte contre la pauvreté infantile en République démocratique du Congo franchit une étape méthodologique importante. Réunis à Kinshasa, le ministère du Plan et ses partenaires, avec l’appui du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), ont consacré un atelier à la validation technique de l’étude sur la pauvreté monétaire et les privations multidimensionnelles des enfants, connue sous l’acronyme Moda 2025.
Au cœur des échanges : affiner les outils d’analyse pour mieux cerner les réalités complexes que vivent les enfants congolais. Car, comme l’ont rappelé les intervenants, la pauvreté ne se résume pas à un niveau de revenu. Elle s’exprime aussi à travers des carences multiples, souvent invisibles dans les approches classiques.
« La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, Chef du gouvernement, place la protection et l’épanouissement des enfants au cœur de l’action gouvernementale, un levier essentiel du développement durable et inclusif », a souligné Daniel Epembe, secrétaire général au ministère du Plan et de la coordination de l’aide au développement. Une orientation politique qui s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer les politiques sociales en faveur des plus vulnérables.
De son côté, Mariame Sylla, représentante adjointe de l’Unicef en RDC, a insisté sur la nécessité d’une lecture élargie de la pauvreté. « Les enfants vivent la pauvreté différemment des adultes », a-t-elle expliqué, avant de préciser qu’« un enfant peut vivre dans un ménage non pauvre au sens monétaire tout en étant confronté à des multiples privations fondamentales ».
Ces privations touchent des domaines essentiels : accès aux soins de santé, alimentation adéquate, continuité de l’éducation, accès à l’eau potable et à l’assainissement, ou encore reconnaissance juridique à travers l’enregistrement des naissances. « L’absence de protection juridique élémentaire, dont l’enregistrement de naissance, constitue en soi un facteur de vulnérabilité », a-t-elle ajouté.
L’approche Moda (Multiple Overlapping Deprivation Analysis) permet précisément de croiser ces différents indicateurs afin d’identifier les formes cumulées de privation. Elle offre ainsi une lecture plus fine des inégalités affectant les enfants et constitue un outil d’aide à la décision pour les pouvoirs publics.
Pour les autorités congolaises, cette démarche vise à mieux orienter les politiques publiques et à cibler les interventions. En identifiant les zones et les catégories d’enfants les plus exposées, le gouvernement entend renforcer l’efficacité de ses programmes sociaux, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la protection sociale.
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