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19 avril, 2026 - 03:43:05
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Ituri : exploitation minière illicite à Aru, le gouvernement face à l’urgence du contrôle et de la traçabilité

Dans l’est de la RDC, la bataille pour le contrôle des ressources minières se joue aussi dans les territoires frontaliers. À Aru, en Ituri, la présence d’opérateurs étrangers dans des circuits d’exploitation illicite alimente tensions sociales et manque à gagner pour l’État. Reçus à Kinshasa par le ministre des Mines, les parlementaires de la région ont tiré la sonnette d’alarme. 

La question du contrôle des ressources naturelles en République démocratique du Congo reste au cœur des préoccupations des autorités, à mesure que le gouvernement affirme sa volonté de réformer en profondeur le secteur extractif. Mais sur le terrain, notamment dans les zones frontalières, les défis demeurent considérables. À Aru, dans la province de l’Ituri, l’exploitation illicite des minerais par des opérateurs étrangers continue de fragiliser l’économie locale et d’échapper en grande partie au contrôle de l’État.

C’est dans ce contexte que le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a reçu, mardi 14 avril 2026, une délégation du caucus des parlementaires d’Aru. Conduite par l’honorable Amule Kizito, cette mission visait à alerter les autorités centrales sur une situation jugée préoccupante, tant sur le plan économique que social.

D’emblée, les élus ont dressé un constat sans détour. Ils ont dénoncé la présence active d’expatriés impliqués dans des circuits d’exploitation minière informelle, échappant aux mécanismes de régulation de l’État. « Cette situation prive les communautés locales de retombées économiques substantielles et alimente un sentiment d’abandon », ont-ils souligné, mettant en avant les tensions croissantes dans la région.

Au-delà du manque à gagner fiscal pour le Trésor public, les parlementaires ont insisté sur les conséquences directes pour les populations locales. L’exploitation illicite, souvent organisée en dehors de tout cadre légal, contribue à déséquilibrer les économies locales, tout en renforçant des réseaux informels difficilement contrôlables.

Face à ces préoccupations, le ministre des Mines a réaffirmé la détermination du gouvernement à restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble de la chaîne de valeur minière. « Le contrôle accru, la traçabilité des minerais et la transparence dans leur gestion constituent des axes prioritaires », a-t-il indiqué, évoquant les réformes en cours pour assainir le secteur.

Toutefois, la mise en œuvre de ces mesures se heurte à des contraintes structurelles. Dans des territoires enclavés comme Aru, où les infrastructures sont limitées et la présence administrative souvent réduite, l’application des dispositifs de contrôle reste un défi majeur. Cette réalité souligne le décalage persistant entre les orientations stratégiques définies à Kinshasa et leur traduction concrète sur le terrain.

Les élus d’Aru ont néanmoins salué les efforts engagés par le gouvernement, tout en appelant à une accélération des actions. Leur soutien à la politique menée s’inscrit dans la vision du président Félix Tshisekedi et sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Mais ce soutien s’accompagne d’une exigence claire : celle de résultats tangibles.

Car à Aru, comme dans d’autres zones minières du pays, l’enjeu dépasse la simple régulation administrative. Il s’agit de transformer les ressources naturelles en véritable moteur de développement local. Dans un environnement marqué par la concurrence informelle et l’influence d’intérêts étrangers, la capacité de l’État à reprendre le contrôle apparaît déterminante.

Infos27

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