Le bras de fer se durcit. Dans la province éducationnelle Nord-Kivu 2, la grève des enseignants se poursuit, en dépit du lancement du paiement des salaires, laissant des milliers d’élèves sans encadrement.
Déclenché le 13 avril à l’appel des syndicats, le mouvement est motivé par les retards de paiement, notamment celui du mois de mars, mais aussi par des revendications plus larges liées aux conditions de travail.
À Beni, Butembo, Oicha et Bulongo, la paralysie est quasi totale. Dans plusieurs établissements, l’absence des enseignants a entraîné celle des élèves, suspendant de facto les activités scolaires.
Les grévistes exigent la régularisation des nouvelles unités, une meilleure gestion de la mutuelle de santé et des éclaircissements sur certaines retenues. À cela s’ajoutent des préoccupations sécuritaires, notamment la détention de certains enseignants dans la région de Beni.
Face à eux, les autorités éducatives adoptent une ligne ferme. Le PROVED intérimaire Kambale Tsongo Makewa appelle à une reprise immédiate des cours, estimant que les motifs de la grève ne sont plus justifiés. Il souligne également l’absence de notification officielle du mouvement.
Les syndicats, eux, restent inflexibles. Ils conditionnent toute reprise à la satisfaction complète de leurs revendications, au risque de perturber durablement le calendrier scolaire.
Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu

