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Kinshasa
13 octobre, 2026 - 03:12:37
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Corridors Banana–Lobito : Samy Badibanga alerte sur un choix stratégique pour la souveraineté économique de la RDC

Un choix d’infrastructures aux implications décisives. Dans une tribune, l’ancien Premier ministre Samy Badibanga met en garde contre une dépendance accrue de la RDC au corridor de Lobito, au détriment du projet national de Banana. Alors que Kinshasa est appelée à trancher entre rapidité logistique et souveraineté économique, il plaide pour une vision de long terme fondée sur des investissements structurants. Au cœur du débat : l’avenir industriel du pays, la valorisation de ses minerais et la maîtrise de ses leviers de développement.

Ainsi, l’ancien Premier ministre appelle à une réflexion nationale approfondie sur l’orientation des infrastructures de transport, opposant deux options majeures : le corridor de Lobito, porté par l’Angola, et celui de Banana, envisagé comme axe structurant du développement interne.

Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par le plaidoyer de la Première ministre Judith Suminwa à la Banque mondiale en faveur du redimensionnement du corridor de Lobito. Une option qui, pour Samy Badibanga, ne saurait être considérée comme neutre. « Ce n’est pas une discussion technique entre ingénieurs ; c’est une décision de civilisation et d’approche », affirme-t-il, soulignant la portée politique et économique du choix à opérer.

Le corridor de Lobito, en cours de réhabilitation avec l’appui de partenaires internationaux, présente un avantage immédiat : une liaison relativement courte de 430 kilomètres entre Kolwezi et Dilolo permettrait d’acheminer rapidement les minerais vers le port angolais. Une solution jugée pragmatique dans un contexte de pression économique et de besoin d’exportation rapide.

Mais pour l’ancien chef du gouvernement, cette option comporte des risques structurels. « Si nous laissons s’imposer Lobito comme axe principal d’évacuation, nous risquons de voir nos matières premières alimenter l’industrialisation des autres, tandis que la RDC restera cantonnée à l’exportation brute et à la dépendance logistique », avertit-il.

Face à cette perspective, Samy Badibanga met en avant le corridor de Banana, long de 3 300 kilomètres, qu’il décrit comme la « colonne vertébrale » d’un aménagement intégré du territoire. Ce projet permettrait de relier les principales régions productrices – Katanga, Kivus, Kisangani – à Kinshasa et au port de Banana, favorisant ainsi la multimodalité et le développement de chaînes de valeur locales.

Au-delà des infrastructures de transport, l’enjeu est également énergétique et industriel. Selon l’ancien Premier ministre, les ressources minières de la RDC doivent servir de levier pour financer des investissements structurants dans les chemins de fer, les routes et les centrales hydroélectriques. « Les minerais extraits en RDC ne sont pas une simple rente à évacuer ; ils constituent le socle d’une industrialisation nationale », insi