Le secteur éducatif du Nord-Kivu reste profondément perturbé par un mouvement de grève aux revendications multiples, oscillant entre reprise partielle à Beni et radicalisation à Butembo.
À Beni, une accalmie relative s’est dessinée après la suspension du mouvement par le Syndicat des enseignants du Congo (SYECO) le 19 avril, permettant la reprise des cours dès le lendemain dans plusieurs établissements, notamment à Bungulu, Munyembelu ou encore Bunzi. Mais cette reprise demeure incomplète : les écoles catholiques restent fermées, le Syndicat national des enseignants catholiques (SYNECATH) maintenant la pression pour obtenir la libération de deux enseignants détenus à la prison de Kangbayi.
Dans la sous-division de Bulongo, qui regroupe notamment Kasindi, Mutwanga et Mwenda, la situation reste bloquée. Aucun établissement n’a rouvert, les enseignants conditionnant toute reprise à la libération de leurs collègues incarcérés. Même constat à Oïcha, où seules les écoles non catholiques ont repris leurs activités.
À Butembo, la mobilisation a pris une tournure plus ferme. Réunis en assemblée générale au siège du SYECO à Kitulu, les enseignants ont décidé d’intensifier la grève. Leur revendication dépasse désormais le paiement du seul mois de mars pour englober l’ensemble des retards accumulés. « Il est inacceptable de continuer à enseigner sans être payé. Nous devons mettre fin à ces retards », a déclaré Benito Mughaso Kamate, secrétaire permanent du syndicat local, insistant sur la nécessité d’un paiement régulier, y compris pour le mois d’avril.
Entre reprise fragile, blocages persistants et durcissement du mouvement, le système éducatif du Nord-Kivu s’enfonce dans une crise qui met en tension élèves, enseignants et autorités. Les syndicats, eux, maintiennent la pression, plaçant au cœur de leurs exigences la justice pour leurs collègues détenus et la régularité des salaires.
Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu

