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Kinshasa
24 avril, 2026 - 02:42:32
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Échanges commerciaux RDC–France : plus de 200 millions USD, mais un potentiel encore largement inexploité

Kinshasa accueille la 9ᵉ Semaine française dans un contexte de redéfinition des équilibres économiques mondiaux, avec un message clair des autorités congolaises : intensifier un partenariat avec la France encore loin de son plein potentiel. Si les échanges commerciaux ont dépassé 200 millions de dollars entre 2021 et 2022, les acteurs publics et privés appellent à un saut qualitatif, fondé sur la transformation locale, le transfert de compétences et une meilleure intégration dans les chaînes de valeur. Au cœur des discussions, la place stratégique de la RDC dans la transition énergétique mondiale.

La 9ᵉ édition de la Semaine française de Kinshasa s’est ouverte mercredi 22 avril 2026 dans la capitale congolaise, sous le thème « RDC–France : perspectives partagées », avec en toile de fond une ambition affichée : donner une nouvelle impulsion aux relations économiques entre les deux pays, encore jugées en deçà de leur potentiel.

Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture, le vice-Premier ministre en charge de l’Économie, Daniel Mukoko, a dressé un état des lieux nuancé des échanges commerciaux bilatéraux. « Les transactions commerciales entre nos deux pays, qui ont dépassé 200 millions de dollars sur la période de 2021 à 2022, témoignent de l’existence d’un socle d’échanges commerciaux structuré, mais encore en deçà de son potentiel », a-t-il déclaré, situant cette dynamique dans « un environnement international marqué par la recomposition des chaînes d’approvisionnement, la transition énergétique et la recherche de nouveaux relais de croissance ».

Pour le gouvernement congolais, cette conjoncture mondiale constitue à la fois un défi et une opportunité. Elle renforce, selon Daniel Mukoko, « l’intérêt stratégique de la République démocratique du Congo » et souligne « la pertinence d’un partenariat économique renouvelé avec la France ». Derrière cette formule, l’exécutif entend repositionner la RDC comme un acteur incontournable dans les nouvelles chaînes de valeur globales, notamment dans les secteurs liés aux ressources naturelles et à l’énergie.

Du côté du secteur privé, le plaidoyer est tout aussi explicite. Le président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), Robert Mulumba, a insisté sur la nécessité de créer les conditions d’un environnement des affaires plus attractif. « Notre participation à cette tribune s’inscrit dans une logique claire, celle de promouvoir un climat des affaires attractif, stable et compétitif », a-t-il affirmé, estimant qu’il s’agit d’un « préalable indispensable pour attirer davantage d’investissements ».

Au-delà de l’attractivité, la FEC appelle à une transformation en profondeur du partenariat économique. « Le renforcement du partenariat économique entre la RDC et la France doit désormais reposer sur des bases plus équilibrées », a soutenu Robert Mulumba, plaidant pour « un accent accru sur le transfert des compétences, la création de valeurs locales, la transformation sur place des ressources naturelles, ainsi que le développement de chaînes de valeur intégrées ».

Cette exigence d’équilibre traduit une volonté de rompre avec des schémas traditionnels d’échanges, souvent dominés par l’exportation de matières premières brutes, au profit d’un modèle axé sur l’industrialisation et la montée en gamme de l’économie congolaise.

L’ambassadeur de la RDC en France, le professeur Émile Ngoy, a pour sa part mis en avant les atouts structurels du pays dans un contexte global en mutation. « Nous avons aujourd’hui un cadre macroéconomique stable et des conditions permissives pour relancer la machine économique », a-t-il assuré, soulignant que « tous les indicateurs sont quasiment au vert ».

Insistant sur la dimension stratégique du pays, il a ajouté : « La RDC, c’est une chance pour l’humanité parce que c’est là où l’ensemble des transitions décisives de notre monde trouvent des réponses, qu’il s’agisse de la transition énergétique ou encore de la transition écologique ». Une affirmation qui positionne clairement le pays comme un acteur clé dans les dynamiques globales liées aux ressources critiques et à la lutte contre le changement climatique.

Prévue du 22 au 24 avril, la Semaine française de Kinshasa se veut ainsi une plateforme d’échanges entre acteurs publics et privés des deux pays, avec l’objectif de renforcer les partenariats, d’identifier de nouvelles opportunités d’investissement et de consolider les liens économiques bilatéraux.

Infos27

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