Face à l’ampleur de l’exploitation minière illicite, le gouvernement congolais durcit le ton. Lors du Conseil des ministres, le président Félix Tshisekedi a dénoncé une « spoliation organisée » des ressources nationales et instruit la mise en place d’un dispositif coercitif impliquant plusieurs ministères clés. Entre saisies d’équipements, poursuites judiciaires et sécurisation des sites, Kinshasa entend reprendre le contrôle d’un secteur stratégique. Une réponse musclée à un phénomène qui fragilise à la fois l’économie, l’environnement et l’autorité de l’État.
La lutte contre l’exploitation minière illégale s’impose désormais comme une priorité stratégique du gouvernement congolais. Lors de la 87e réunion du Conseil des ministres, le président Félix Tshisekedi a dénoncé une situation qu’il qualifie d’« inacceptable ».
Le chef de l’État a évoqué des pratiques graves, allant de la profanation de sépultures à la pollution des nappes aquifères par des substances toxiques comme le cyanure. À cela s’ajoutent des arrestations arbitraires et des atteintes aux autorités coutumières.
« Il s’agit d’une véritable spoliation organisée de nos ressources naturelles », a-t-il affirmé, selon le Porte-parole du gouvernement, pointant des pertes économiques estimées à plusieurs milliards de dollars annuels.
Pour répondre à cette situation, le président a instruit plusieurs membres du gouvernement : Intérieur, Défense, Justice et Environnement, de mettre en place un dispositif opérationnel et coercitif.
Ce mécanisme prévoit notamment : la saisie systématique des engins utilisés ; la sécurisation des sites miniers ; l’identification et la poursuite des responsables ; la redistribution des équipements saisis à des opérateurs légaux.
L’objectif est double : restaurer l’autorité de l’État et garantir une exploitation responsable des ressources.
Par ailleurs, le ministre des Mines a été chargé de renforcer les capacités de l’Inspection générale des Mines, afin d’améliorer le contrôle du secteur.
Cette stratégie s’inscrit dans une volonté de moralisation de l’économie extractive, pilier essentiel des finances publiques congolaises.
Mais au-delà de l’enjeu économique, la question est aussi politique. En s’attaquant aux réseaux d’exploitation illégale, le gouvernement cherche à affirmer sa souveraineté et à répondre aux attentes des populations locales, souvent marginalisées dans la gestion des ressources.
La mise en œuvre effective de ces mesures constituera toutefois un test majeur pour l’exécutif, confronté à des réseaux souvent bien structurés et influents.
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