91.78 F
Kinshasa
13 mai, 2026 - 18:38:44
Image default
Flash InfosInternationalLa unePolitique

[Congo] Maixent Raoul Ominga (DG SNPC) : « Nous sommes le moteur de l’accélération de la marche »

Au terme d’une campagne présidentielle menée tambour battant à travers les quinze départements, le directeur général de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), Maixent Raoul Ominga, livre une lecture à la fois politique et opérationnelle du projet porté par le chef de l’État Denis Sassou-Nguesso. Entre impératif de stabilité, ambitions infrastructurelles et repositionnement stratégique de l’entreprise publique, il esquisse le rôle d’une SNPC appelée à dépasser sa fonction extractive pour s’inscrire dans une logique de développement, à l’heure des transitions énergétiques et sociales.

Au sortir d’une séquence électorale dense, Maixent Raoul Ominga insiste d’abord sur ce qu’il perçoit comme une constante : « un homme d’action concrète ». Ayant accompagné le président sur le terrain, il décrit une campagne structurée autour de trois priorités : la paix, les infrastructures et la jeunesse que, selon lui, « la population a largement validées ».

Dans ce triptyque, la sécurité apparaît comme un préalable. Le dirigeant met en avant la résorption du phénomène des « bébés noirs », symptôme d’une insécurité urbaine chronique. « Sans la paix, il n’y aurait pas eu de campagne », souligne-t-il, établissant un lien direct entre stabilisation et relance des activités économiques.

L’autre pilier tient aux infrastructures, pensées comme levier d’intégration régionale. Le projet de réhabilitation du chemin de fer et le « Corridor 13 » sont présentés comme structurants. « Il faut prendre de la hauteur », insiste-t-il, évoquant une ouverture vers la Centrafrique, le Tchad et le Cameroun susceptible de repositionner le Congo comme carrefour logistique.

Au-delà de ces axes, la SNPC revendique un rôle élargi, au croisement des politiques publiques. « La SNPC est un outil au service de l’État », affirme son directeur général. Cette ligne se traduit notamment par des investissements dans l’éducation, avec la construction de lycées modernes et d’internats. « Comment demander des résultats à un enfant qui n’étudie pas dans de bonnes conditions ? », interroge-t-il, plaidant pour une formation capable de produire les ingénieurs de demain.

Même logique pour l’accès à l’eau potable, avec l’annonce de 33 forages dans la Likouala. Une intervention qui, au-delà de son impact immédiat, participe d’une stratégie de présence territoriale de l’entreprise publique.

Sur le front environnemental, le projet Eco-Zamba marque une inflexion. À Ngo, 5 000 hectares d’afforestation doivent permettre de compenser une partie des émissions liées à l’activité pétrolière. « En tant qu’industrie extractive, nous émettons des gaz à effet de serre. Eco-Zamba est notre façon de faire amende honorable », reconnaît Maixent Raoul Ominga. Le projet, initialement accueilli avec réticence en interne, se veut aussi générateur d’emplois via des cultures intercalaires confiées aux populations locales.

Reste l’ambition affichée : « accélérer la marche ». Derrière la formule, une feuille de route : accroître les revenus reversés à l’État, renforcer les capacités de la raffinerie nationale (CORAF) et engager une digitalisation des processus pour gagner en efficacité.

À la faveur de l’évolution de son cadre légal, la SNPC entend désormais se positionner comme un acteur pivot, à la croisée des enjeux énergétiques et miniers. « La SNPC sera à l’avant-garde », assure son directeur général. Une projection qui s’inscrit dans une attente plus large : transformer l’élan politique de la campagne en résultats tangibles.

Wilfrid Lawilla, Correspondant à Brazzaville 

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus