Initialement attendue ce lundi 4 mai, la conférence de presse du président Félix Tshisekedi est reprogrammée au mercredi 6 mai, en lien avec la Journée mondiale de la liberté de la presse, a indiqué le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya. Présentée comme un moment de bilan et d’engagement en faveur des médias, cette prise de parole intervient dans un contexte de fortes tensions sécuritaires, politiques et sociales. Guerre dans l’Est, débat constitutionnel, sanctions visant Joseph Kabila : autant de dossiers sur lesquels le chef de l’État est attendu.
Initialement prévue ce lundi 4 mai à 19h, la conférence de presse du président de la République, Félix Tshisekedi, est reprogrammée au mercredi 6 mai, en lien avec la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse. L’annonce a été faite par les services de la Présidence, puis par le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, sur son compte X.
Dans ce message, le porte-parole du gouvernement inscrit cette rencontre dans une logique à la fois symbolique et institutionnelle : « Une conférence de presse pour marquer la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse », précisant que cet échange « s’inscrit dans la tradition instaurée depuis 2019 par le Président de la République pour faire le point de progrès que nous réalisons sous sa direction dans cette matière ».
Une prise de parole sous tension sécuritaire et médiatique
Au-delà de la dimension commémorative, le ministre met en avant le contexte difficile dans lequel évoluent les professionnels des médias en RDC. « Malgré l’occupation, la séquestration et les atteintes répétées sur les journalistes par le père, Rwanda, et le fils M23, nous continuons sans relâche dans notre dynamique de réformes », affirme-t-il.
Cette déclaration intervient alors que la situation sécuritaire à l’Est du pays demeure préoccupante. La persistance des offensives du M23/AFC, appuyées par le Rwanda, entretient une instabilité chronique, marquée par des violences, des déplacements massifs de populations et des tensions diplomatiques persistantes. Dans ce contexte, la question de la protection des journalistes et de la liberté d’informer s’impose comme un enjeu central.
Des attentes fortes sur les dossiers politiques et sociaux
La conférence de presse du chef de l’État est également attendue sur plusieurs fronts internes. Sur le plan politique, les débats autour d’un projet de réforme constitutionnelle, évoqué à travers un possible référendum, suscitent des crispations au sein de l’opposition. À cela s’ajoutent les récentes sanctions américaines visant Joseph Kabila, qui relancent les interrogations sur les responsabilités dans la crise sécuritaire à l’Est.
Sur le plan économique, les attentes portent sur des mesures concrètes face au coût de la vie et sur les retombées réelles des projets structurants, notamment dans les secteurs minier et industriel, ainsi que dans le cadre de la ZLECAf. La lutte contre la corruption et le renforcement des mécanismes de contrôle des finances publiques devraient également occuper une place centrale.
Enfin, le volet social reste déterminant. Les programmes publics, tels que le PDL-145 territoires, continuent de susciter des attentes contrastées, tandis que l’accès aux services de base : électricité, routes, santé, demeure une préoccupation majeure.
Dans ce contexte, un discours d’empathie et des engagements concrets sont attendus.
En réaffirmant « l’engagement à poursuivre le travail pour une presse plus libre, responsable, économiquement viable, véritable alliée dans la lutte contre la désinformation », Patrick Muyaya a appelé à « prendre rendez-vous pour ce mercredi » afin de suivre cette intervention présidentielle.
Plus qu’un simple exercice de communication, cette conférence de presse apparaît ainsi comme un moment charnière, susceptible de clarifier les orientations du pouvoir exécutif face aux défis sécuritaires, politiques et sociaux qui traversent le pays.
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