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Kinshasa
4 juin, 2026 - 20:19:55
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Kinshasa : Nathalie Aziza Munana et la Fondation Calixte Munana mobilisent pour les orphelins du VIH/sida 

À l’occasion de la Journée mondiale des orphelins du sida, célébrée le 7 mai, la Fondation Calixte Munana a organisé à Kinshasa une journée de sensibilisation centrée sur la prévention du VIH et la prise en charge des enfants vulnérables, en particulier les orphelins de militaires. Portée par le témoignage personnel de sa présidente, Nathalie Aziza Munana, cette initiative met en lumière un combat à la fois social, sanitaire et spirituel, dans un contexte où la stigmatisation et les défis d’accès aux soins demeurent une réalité persistante.

À Kinshasa, la Journée mondiale des orphelins du sida a pris, jeudi 7 mai, une dimension concrète sous l’impulsion de la Fondation Calixte Munana (FCM). Dans l’enceinte des Cliniques Kinoises de la Gombe, au sein de l’Université des Martyrs du Congo, l’organisation a réuni médecins, responsables religieux et jeunes autour d’une activité de sensibilisation dédiée aux enfants affectés par le VIH/sida, avec une attention particulière portée aux orphelins issus de familles militaires.

Au cœur de cette mobilisation, la présidente de la fondation, Nathalie Aziza Munana, a livré un témoignage personnel, rappelant les origines de son engagement. « J’ai perdu les miens. Ma vie a été bouleversée. J’ai adopté six enfants et j’ai fait la promesse à la Paroisse Saint Charles Lwanga d’accompagner les enfants atteints de ce virus », a-t-elle déclaré, évoquant une tragédie vécue à Kipushi, cité minière frontalière de la Zambie, marquée à l’époque par une forte prévalence du VIH.

Revenant sur les années les plus critiques de l’épidémie, elle a décrit un contexte dominé par la stigmatisation et l’exclusion. « Si je vous montrais les images de 1997 à 2010, vous verrez que j’ai enterré des tonnes de patients », a-t-elle affirmé, soulignant la violence sociale et sanitaire de cette période. La fondation, officiellement lancée en 2010, s’inscrit dans la continuité de ce vécu.

L’action de la FCM s’articule autour de trois axes principaux : la prise en charge psychosociale des enfants orphelins de militaires, l’accompagnement des veuves et la prévention. « La raison de la FCM, c’est la prévention. Notre mission : sensibiliser et conscientiser », a insisté Nathalie Aziza Munana. Elle a notamment évoqué la situation des veuves confrontées à des deuils sans sépulture, lorsque leurs conjoints tombent au front ou succombent à la maladie.

Entourée de professionnels de santé et de représentants religieux, la fondatrice a également insisté sur la dimension spirituelle de son engagement. « C’est Dieu seul qui guérit. Le secret de ce travail, à la Fondation, c’est l’Église », a-t-elle déclaré, appelant à une mobilisation collective mêlant foi, médecine et action sociale.

En marge des activités, Nathalie Aziza Munana a rapporté une expérience vécue à Dakar, évoquant une tentative présumée de manipulation visant à propager délibérément le virus. « Je me suis rendue compte que ce sujet voulait, en payant des gens séropositifs, contaminer délibérément la jeunesse africaine pour l’exterminer », a-t-elle affirmé. Des propos graves, présentés comme une alerte sur la nécessité de renforcer la vigilance et le dépistage.

Dans cette perspective, la fondation entend inscrire son action dans la durée. Les dates du 7 mai et du 7 juin ont été désignées comme des rendez-vous réguliers de sensibilisation. « La destinée, c’est Dieu qui a sa part, et les hommes ont la leur. Mais obéir à la parole de Dieu, c’est s’occuper des enfants orphelins du VIH/sida », a conclu sa présidente.

Pius Romain Rolland (CP)

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