Le débat sur un éventuel changement de la Constitution continue de gagner du terrain en République démocratique du Congo. À Kinshasa, le président de l’Église de réveil du Congo, Évariste Ejiba Yamapia, a défendu ouvertement l’idée d’une refonte de la loi fondamentale, estimant que « le moment est favorable » pour engager cette discussion à l’échelle nationale. Appuyé sur un sondage présenté comme largement favorable au changement, le responsable religieux annonce la création prochaine d’une coalition citoyenne destinée à sensibiliser la population. Dans le même temps, d’autres voix religieuses, dont celle du pasteur Moïse Mbiye, plaident pour une réflexion centrée sur l’intérêt collectif.
Le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution congolaise continue de s’installer dans l’espace public. Mercredi à Kinshasa, le président de l’Église de réveil du Congo, Évariste Ejiba Yamapia, a défendu avec fermeté l’idée d’un changement de la loi fondamentale, estimant que la question ne devait pas être réservée aux seuls acteurs politiques et technocratiques.
Au cours d’une conférence de presse organisée dans la capitale congolaise, le responsable religieux a appelé l’ensemble des citoyens à s’approprier ce débat qu’il considère comme majeur pour l’avenir institutionnel du pays.
« Le moment est favorable pour parler du changement de la Constitution », a affirmé Évariste Ejiba Yamapia devant les journalistes, entouré de plusieurs responsables de la société civile et de leaders religieux.
Pour le président de l’Église de réveil du Congo, la question constitutionnelle dépasse les clivages politiques habituels et doit être abordée dans une logique de participation nationale. Selon lui, les Congolais doivent pouvoir débattre librement des mécanismes institutionnels capables de répondre aux défis actuels du pays.
Ejiba brandit un sondage favorable au changement
Afin d’étayer sa position, le pasteur a présenté les résultats d’un sondage réalisé, selon ses explications, par le Forum des intellectuels de l’Église de réveil du Congo dans plusieurs villes du pays.
D’après les chiffres avancés par Évariste Ejiba Yamapia, « 80 % de la population » interrogée se serait prononcée en faveur d’un changement de la Constitution, tandis que « 20 % » seraient favorables à une simple révision du texte actuel.
Même si les détails méthodologiques de cette enquête n’ont pas été rendus publics, ces résultats sont utilisés par les partisans d’une réforme institutionnelle pour démontrer l’existence d’un courant d’opinion favorable à une modification profonde du cadre constitutionnel congolais.
Le responsable religieux a également annoncé la mise en place prochaine d’une « Coalition citoyenne pour la nation », une structure destinée à sensibiliser la population sur ce qu’il présente comme « le bien-fondé d’une refonte profonde de la loi fondamentale ».
À travers cette initiative, les promoteurs du changement constitutionnel entendent élargir le débat au-delà des cercles politiques classiques, dans un contexte où les discussions autour d’une éventuelle réforme suscitent de fortes tensions au sein de la classe politique congolaise.
Depuis plusieurs semaines, la question du changement de la Constitution alimente en effet les prises de position contradictoires entre majorité, opposition, société civile et responsables religieux. Les critiques formulées par certains opposants évoquent notamment les risques de glissement institutionnel ou de remise en cause des équilibres démocratiques établis depuis l’adoption de la Constitution de 2006.
Mais pour Évariste Ejiba Yamapia, le débat ne doit pas être diabolisé.
« La Constitution n’est pas un texte sacré. Si elle ne répond plus aux réalités du pays, le peuple doit pouvoir en discuter », a soutenu un participant proche des organisateurs lors de la conférence.
Moïse Mbiye appelle à privilégier l’intérêt du peuple
Dans le même temps, d’autres responsables religieux tentent d’adopter une approche plus prudente sur ce sujet sensible. Invité sur les antennes de Top Congo FM, le pasteur et chantre gospel Moïse Mbiye a estimé que le débat autour de la Constitution ne devait pas être réduit à la personne du président de la République.
Tout en rappelant qu’il prie régulièrement pour les autorités du pays et pour le chef de l’État Félix Tshisekedi, Moïse Mbiye a insisté sur la nécessité d’une réflexion centrée sur l’intérêt collectif.
« Je prie pour le Chef de l’État. Le débat ne doit pas tourner autour d’une seule personne, que l’on soit pour ou contre le changement. Nous ne devons pas changer uniquement pour accompagner le Chef de l’État », a-t-il déclaré.
Le responsable religieux a mis en garde contre toute réforme motivée par des intérêts individuels ou circonstanciels.
« Le changement ne doit pas être motivé par l’intérêt d’un individu, mais par celui du peuple », a-t-il insisté.
Pour Moïse Mbiye, l’Église a la responsabilité morale de participer au débat national lorsqu’il s’agit des conditions de vie de la population, de la paix sociale ou de l’avenir du pays.
« Si ce changement vise réellement le bien-être du peuple, sa paix et son avenir, alors nous, en tant qu’Église, devons-nous exprimer dans l’intérêt du peuple. L’Église doit travailler pour le peuple », a-t-il ajouté.
Ces différentes prises de position traduisent l’implication croissante des acteurs religieux dans le débat constitutionnel en RDC. Longtemps cantonnées à un rôle moral ou spirituel, les Églises apparaissent désormais comme des acteurs influents du débat public, capables de mobiliser une partie importante de l’opinion nationale.
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