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14 mai, 2026 - 09:27:52
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Ituri : plus de 450 pistes clandestines favorisent la traite des êtres humains

Un atelier tenu mardi à Bunia a réuni autorités provinciales, forces de sécurité et acteurs humanitaires pour lutter contre la traite des êtres humains et le trafic de migrants. Le rapport présenté a révélé qu’entre l’Ituri et l’Ouganda, plus de 450 pistes clandestines échappent au contrôle de l’État, facilitant mariages forcés, exploitation sexuelle et autres crimes transfrontaliers.

Les autorités provinciales de l’Ituri, les forces de sécurité, des acteurs humanitaires et plusieurs partenaires techniques se sont réunis, mardi 12 mai 2026 à Bunia, pour un atelier dédié à la lutte contre la traite des êtres humains et le trafic illicite de migrants. Organisé dans le cadre du projet Borderlands, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), cet atelier a mis en lumière l’ampleur inquiétante de ces phénomènes dans les zones frontalières.

Représentant le gouverneur militaire, Dieudonné Omasombo, directeur de cabinet adjoint chargé de l’économie et des finances, a réaffirmé l’engagement du gouvernement provincial à soutenir toutes les initiatives visant à protéger la population. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la surveillance et de mettre un terme aux pratiques criminelles qui frappent particulièrement les femmes et les enfants.

Le docteur Ely Thelot, expert de l’OIM, a présenté les conclusions d’une étude menée entre décembre 2025 et 2026. Selon ce rapport, plus de 450 pistes clandestines entre l’Ituri et l’Ouganda échappent au contrôle de l’État, facilitant la traite humaine et d’autres crimes transfrontaliers. Les formes d’exploitation recensées incluent les mariages forcés, l’exploitation sexuelle, le trafic d’organes, le recrutement dans les groupes armés, le travail forcé et l’exploitation dans les mines et l’agriculture.

Les chiffres sont alarmants : plus de 250 enfants disparus en une seule année et plus de 25 000 cas de violences sexuelles basées sur le genre, dont près de la moitié concernent des mineures. Ces données illustrent la vulnérabilité extrême des communautés locales face à des réseaux criminels qui profitent de la fragilité des frontières et du manque de contrôle sécuritaire.

Les participants à l’atelier ont recommandé de renforcer les capacités des services étatiques, d’améliorer la coopération entre la RDC et l’Ouganda et de former spécifiquement les agents de sécurité. Ces mesures visent à réduire l’influence des réseaux criminels et à protéger les populations de l’Est de la RDC, déjà durement touchées par les conflits et la pauvreté.

Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu

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