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Kinshasa
1 novembre, 2026 - 17:51:38
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RDC : Le CSAC sans moyens face aux défis du numérique et de la désinformation mondiale

Privé depuis quatre ans de frais de fonctionnement suffisants, de missions officielles et même de titres de voyage, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) s’enfonce dans une paralysie institutionnelle préoccupante. Alors que les régulateurs africains multiplient les concertations sur l’intelligence artificielle, les réseaux sociaux, les fake news et la souveraineté numérique, l’organe congolais reste pratiquement absent des grands espaces internationaux de régulation. Cette situation fragilise non seulement le fonctionnement d’une institution constitutionnelle stratégique, mais aussi la capacité de la RDC à défendre ses intérêts dans la bataille mondiale de l’information et de la gouvernance numérique.

Le constat devient de plus en plus alarmant au sein du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication. Depuis quatre ans, l’institution chargée de réguler les médias en République démocratique du Congo fonctionne dans des conditions jugées particulièrement précaires.

Au-delà des difficultés liées aux frais de fonctionnement et au paiement régulier des rémunérations, le régulateur congolais se retrouve désormais privé de mobilité institutionnelle. Les frais de mission et les titres de voyage pourtant prévus dans les rubriques de la Loi de finances ne sont pas exécutés, aussi bien pour le président de l’institution que pour les membres du Bureau, de la plénière ou encore les experts techniques.

Cette situation crée un paradoxe dénoncé en interne : les crédits existent dans les documents budgétaires, mais les décaissements n’interviennent pas. Résultat, le CSAC reste pratiquement absent des grands espaces internationaux où se construisent désormais les nouvelles politiques de régulation des médias et du numérique.

Absence inquiétante dans les grands réseaux africains et francophones

À l’heure où les plateformes numériques bouleversent les équilibres médiatiques mondiaux, les autorités de régulation multiplient les cadres de coopération et les rencontres techniques pour adapter leurs méthodes aux nouveaux défis technologiques.

Le Réseau des Instances Africaines des Régulateurs de la Communication, le Réseau Francophone des Régulateurs des Médias ou encore l’Independent Communications Authority of South Africa figurent parmi les principaux espaces où se discutent aujourd’hui les questions liées aux fake news, aux algorithmes, aux deepfakes, à l’intelligence artificielle appliquée au journalisme, à la protection des mineurs ou encore à la responsabilité des géants du numérique.

Pendant que plusieurs pays africains renforcent les capacités de leurs régulateurs, la RDC apparaît en retrait. Faute de moyens logistiques et financiers, le CSAC peine à participer régulièrement à ces rencontres stratégiques pourtant essentielles pour anticiper les mutations du secteur médiatique mondial.

Des déplacements parfois financés sur fonds personnels

La situation devient d’autant plus préoccupante que certains déplacements institutionnels auraient parfois été effectués grâce à des moyens personnels ou à des emprunts contractés de manière informelle afin d’éviter l’absence totale de la RDC lors de réunions internationales.

Selon plusieurs sources proches du dossier, certaines missions considérées comme stratégiques auraient été assurées dans des conditions extrêmement précaires, simplement pour maintenir une présence congolaise minimale dans les espaces internationaux de régulation.

Une telle réalité expose non seulement la fragilité budgétaire du CSAC, mais également le malaise plus profond entourant la prise en charge des institutions constitutionnelles en RDC.

Une souveraineté informationnelle fragilisée

Cette paralysie progressive intervient pourtant dans un contexte où la bataille mondiale de l’information devient un enjeu central de s