Le ministre de la Communication et Médias Patrick Muyaya a porté sur les fonts baptismaux, samedi à Kinshasa, les ouvrages « Libre de ma liberté » de William Albert Kalengay et « Le cycle électoral : Éternel chantier en République démocratique du Congo ? » de Liliane Bibombe Oseka Mwembia, lors d’une cérémonie transformée en vaste réflexion sur la mémoire, la démocratie et l’avenir institutionnel du Congo. Chargé de la présentation des deux livres, le député national Eric Tshikuma a livré une intervention littéraire et politique articulée autour de la liberté, du journalisme, des fragilités électorales et de la nécessité de bâtir des institutions solides au service de la République.
À Kinshasa, la présentation simultanée des ouvrages « Libre de ma liberté » et « Le cycle électoral : Éternel chantier en République démocratique du Congo ? » s’est transformée en un véritable moment de réflexion sur la mémoire nationale, la liberté de conscience et les fragilités institutionnelles du pays.
Chargé de présenter ces deux ouvrages, le député national Eric Tshikuma a mis en avant deux démarches distinctes dans leur forme, mais profondément convergentes dans leur réflexion sur le Congo, la liberté et la démocratie.
« D’un côté, un récit autobiographique ; de l’autre, une analyse historique et réflexive. Deux livres, deux voix, une même exigence : transmettre, éclairer, servir », a-t-il expliqué.
La cérémonie a également été marquée par le vernissage officiel des ouvrages, portés sur les fonts baptismaux par le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya.
William Kalengay et la liberté comme combat permanent
Dans « Libre de ma liberté », William Albert Kalengay retrace son parcours personnel et intellectuel à travers une réflexion sur le journalisme, la liberté et la responsabilité publique.
À cet effet, Eric Tshikuma a particulièrement insisté sur le lien entre mémoire personnelle et conscience nationale développé dans l’ouvrage.
« Kolwezi est ma mémoire vivante », écrit William Kalengay dans un passage cité par le député.
Selon lui, cette œuvre dépasse largement le cadre autobiographique pour devenir une réflexion sur la responsabilité individuelle dans le destin collectif du Congo.
Le député a également insisté sur plusieurs passages consacrés à la pratique du journalisme et à la nécessité de préserver une éthique professionnelle dans un environnement politique souvent complexe.
« Les chiffres étaient muets ; les mots, eux, pouvaient crier », écrit notamment William Kalengay.
Eric Tshikuma a salué cette vision du métier fondée sur la lucidité, la responsabilité et la capacité du journaliste à éclairer la société sans devenir un acteur partisan.
Évoquant la présidentielle congolaise de 2006, il a rappelé un autre extrait marquant : « Le journaliste peut éclairer, il peut tendre un miroir, il peut même, dans des circonstances exceptionnelles, tracer une voie de sagesse. Mais il n’a pas le pouvoir de forcer les hommes à l’emprunter. »
Liliane Bibombe ausculte les fragilités électorales du Congo
Le second ouvrage présenté, signé Liliane Bibombe Oseka Mwembia, porte un regard critique sur les processus électoraux congolais et les faiblesses structurelles de la démocratie en RDC.
Dans son intervention, Eric Tshikuma a insisté sur la portée institutionnelle du livre, qu’il considère comme une contribution majeure à la réflexion démocratique congolaise.
L’auteure y développe notamment la notion de « roue électorale » afin de démontrer que le processus démocratique ne se limite ni au vote ni à la proclamation des résultats.
« Ces étapes essentielles représentent huit grands moments qui peuvent schématiquement se présenter dans une roue », écrit-elle.
Pour Eric Tshikuma, cette approche rappelle qu’« une roue amputée n’avance pas » et qu’« une démocratie non plus ».
Le député a également insisté sur le constat sévère dressé par l’ouvrage concernant l’instabilité des règles électorales en RDC.
« Dans les différents processus électoraux en RDC, la loi électorale reste mouvante et change à chaque fois », souligne Liliane Bibombe dans un extrait cité lors de la cérémonie.
Selon l’élu, cette analyse met en lumière « une tension structurelle entre le droit et sa reconnaissance par les citoyens ».
Entre mémoire, institutions et avenir démocratique
Au-delà des deux livres, la cérémonie s’est progressivement transformée en réflexion globale sur le devenir du Congo.
Eric Tshikuma a multiplié les passerelles entre liberté individuelle, crédibilité des institutions et maturité démocratique.
« L’un nous rappelle que la liberté est une conquête quotidienne ; l’autre interroge la République et ausculte les fondations d’une démocratie en construction », a-t-il déclaré.
Pour lui, ces ouvrages traduisent « une véritable rencontre entre la mémoire et la réforme, entre la conscience libre et l’État de droit ».
Le député a également insisté sur une idée centrale portée par les deux auteurs : « aucune liberté durable ne vit sans institutions solides, et aucune institution digne ne demeure vivante sans conscience libre ».
La cérémonie a enfin été marquée par un hommage à l’intellectuel José Nawej, présenté comme une figure importante dans le parcours de William Kalengay.
Au-delà de l’hommage rendu à l’œuvre et à la pensée, l’intervention d’Eric Tshikuma s’est imposée comme une adresse directe à la conscience nationale. « Le Congo ne sera véritablement grand que lorsque la liberté des consciences cessera d’être en avance sur la solidité de ses institutions », a-t-il conclu, dans une formule qui résonne comme un avertissement autant qu’un horizon pour la République.
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