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19 mai, 2026 - 02:43:13
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Réforme constitutionnelle : l’UDPS propose de reprendre le projet de Constitution de 1992

Le débat sur le changement de Constitution prend une nouvelle dimension politique en République démocratique du Congo. Lors d’une matinée politique organisée dimanche, Augustin Kabuya a confirmé la volonté de l’UDPS d’accompagner le président Félix Tshisekedi dans une réforme de la Constitution de 2006. Le président intérimaire du parti présidentiel propose de s’appuyer sur le projet de Constitution élaboré durant la Conférence nationale souveraine de 1992, tout en l’adaptant aux réalités actuelles. 

Le parti présidentiel assume désormais ouvertement sa position sur la réforme constitutionnelle. À l’occasion d’une matinée politique organisée dimanche 17 mai, Augustin Kabuya a réaffirmé la détermination de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) à soutenir le président Félix Tshisekedi dans son projet de révision ou de changement de la Constitution de 2006.

Face aux militants de son parti, le président intérimaire de l’UDPS a expliqué que le débat interne sur cette question était déjà tranché au sein de sa formation politique.

« Nous, à l’UDPS, ce débat sur le changement de la Constitution est déjà clos. Nous attendons juste l’invitation du chef de l’État pour lui présenter notre idée », a déclaré Augustin Kabuya.

Cette prise de position intervient dans un contexte où les discussions autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle alimentent déjà les tensions politiques entre majorité et opposition.

Le retour de la référence à la Conférence nationale souveraine

Pour défendre sa vision, Augustin Kabuya a évoqué le projet de Constitution élaboré lors de la Conférence nationale souveraine (CNS) de 1992, considérée par une partie de la classe politique congolaise comme l’un des moments fondateurs du processus démocratique du pays.

Selon lui, ce texte pourrait servir de base à une nouvelle architecture institutionnelle, à condition d’être actualisé aux réalités politiques, sociales et sécuritaires actuelles.

« Nous allons recourir au projet de la Constitution de 1992 en l’actualisant aux réalités actuelles », a-t-il affirmé.

Le dirigeant de l’UDPS a également opposé la légitimité historique de ce projet à celle de la Constitution actuellement en vigueur.

« Des personnes sont mortes pour réclamer la réouverture de la Conférence nationale souveraine. Le projet de la Constitution élaboré lors de ces assises n’a pas été fait avec des kalachnikovs comme la Constitution de 2006, mais les gens avaient élaboré ce projet en âme et conscience », a soutenu Augustin Kabuya.

Dans une déclaration qui a rapidement suscité des réactions sur la scène politique, il a également fait référence à l’Église catholique et à l’ancien président de la CNS, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya.

« Je pense que le cardinal Ambongo doit en avoir un exemplaire, parce que c’était feu le cardinal Monsengwo qui en était le président. Le cardinal Ambongo va nous donner un exemplaire », a-t-il ajouté.

Une démonstration de force politique assumée

Au-delà du débat institutionnel, Augustin Kabuya a également laissé entendre que l’UDPS était prête à répondre politiquement à toute mobilisation de l’opposition contre le changement de Constitution.

Le secrétaire général du parti présidentiel a affirmé que la formation fondée par Étienne Tshisekedi n’excluait pas de recourir à la rue si ses adversaires politiques choisissaient cette voie pour s’opposer à la réforme.

Pour rappel, la question constitutionnelle reste l’un des sujets les plus sensibles de la vie politique congolaise depuis plusieurs années. Toute évocation d’une réforme majeure ravive immédiatement les craintes de crispations institutionnelles et de confrontations politiques, dans un pays marqué par des précédents liés aux débats sur les limitations de mandat et l’équilibre des pouvoirs.

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