Mardi 19 mai, les abords de l’ISP/Gombe à Kinshasa ont été le théâtre d’une mise en scène dont la pauvreté politique n’avait d’égal que l’ambition affichée de ses protagonistes. Alors que la nation fait face à des enjeux existentiels, une partie de la classe politique, muée pour l’occasion en troupe théâtrale de circonstance, a cru bon de rejouer la pièce usée de la contestation de rue. Pourtant, le décor était planté : sous le slogan « Ne touche pas à ma constitution », des figures bien connues de l’arène politique ont tenté de simuler un soulèvement populaire qui, faute de combattants, a tourné à la simple parade médiatique.
Le casting de cette représentation interroge sur la crédibilité même du mouvement Coalition Article 64. On y a vu Matata Ponyo, Moïse Katumbi et Seth Kikuni — des acteurs dont les démêlés avec la justice et les cavales plus ou moins assumées jettent une ombre épaisse sur leurs motivations réelles. En s’érigeant en remparts de la Loi fondamentale, ces leaders semblent surtout chercher un sanctuaire politique pour masquer des dossiers judiciaires encombrants. Cette confusion des genres, où les intérêts privés s’habillent des oripeaux de l’intérêt général, décrédibilise d’emblée la portée de leur discours.
À ces figures en quête d’immunité se sont joints des habitués de la défaite électorale et des leaders en perte de vitesse, tels que Martin Fayulu, Delly Sesanga ou Jean-Marc Kabund. Le constat est sans appel : cette coalition hétéroclite, malgré le renfort de la presse et des réseaux sociaux, a été incapable de mobiliser plus de quelques milliers de sympathisants dans une ville qui en compte plus de quinze millions. Comment des acteurs politiques, incapables de réunir 5 000 personnes pour une cause qu’ils disent « nationale », peuvent-ils prétendre s’opposer à la volonté de centaines de milliers de Congolais déterminés à faire évoluer leur cadre institutionnel ?
Cette incapacité chronique à mobiliser les masses révèle une déconnexion profonde avec la base. L’opposition congolaise semble être passée de la stratégie de terrain à la stratégie du « plateau de télévision ». En privilégiant les caméras et les micros aux actions concrètes et structurantes, ces leaders se transforment en influenceurs politiques plutôt qu’en véritables guides de l’opinion. Leur discours, essentiellement réactif et dépourvu de propositions alternatives, s’essouffle dans une rhétorique de la peur qui ne prend plus auprès d’une population mature.
L’argumentaire brandi, « Ne touche pas à la constitution », frise l’hypocrisie démocratique. Dans toute démocratie vivante, la Constitution n’est pas un texte immuable ou un totem sacré, mais un contrat social qui doit s’adapter aux réalités et aux aspirations d’un peuple. Refuser d’ouvrir le débat sur la révision ou le changement constitutionnel, c’est priver le souverain primaire — le peuple — de son droit le plus élémentaire : celui de réfléchir à son propre destin. Ceux qui se disent « démo

