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12 juin, 2026 - 00:32:37
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Julien Paluku et Ibrahim Konaté scellent une alliance africaine du cacao

L’Afrique productrice de cacao entend désormais peser davantage dans la chaîne mondiale de valeur. Réunis à Abidjan en marge de la signature de l’Accord international sur le cacao (ICCO), le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et son homologue ivoirien du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Ibrahim Kalil Konaté, ont convenu de renforcer leur coopération autour de la transformation locale des fèves, de la protection des producteurs et de la conquête du marché africain. Les deux pays misent également sur le développement énergétique, notamment le projet Inga, pour soutenir l’industrialisation du secteur et réduire la dépendance du continent aux marchés extérieurs.

La République démocratique du Congo et la Côte d’Ivoire ont décidé de renforcer leur coopération dans la filière cacaoyère afin de promouvoir la transformation locale du cacao, protéger les producteurs africains et accroître la part du continent dans la chaîne mondiale de valeur, à l’issue d’une réunion stratégique tenue mardi à Abidjan entre les ministres Julien Paluku Kahongya et Ibrahim Kalil Konaté.

Cette rencontre, organisée en marge de la signature de l’Accord international sur le cacao (ICCO), a réuni les experts des deux pays autour des enjeux liés à l’industrialisation du secteur cacaoyer africain et à la valorisation locale de cette matière première dont l’Afrique demeure le principal producteur mondial.

Premier producteur mondial de cacao avec près de deux millions de tonnes par an, la Côte d’Ivoire a partagé son expérience avec la délégation congolaise dans la perspective de bâtir une stratégie commune visant à transformer davantage les fèves sur le continent plutôt que d’exporter exclusivement la matière brute.

Miser sur la transformation locale

Au centre des discussions figurait la nécessité pour les pays producteurs africains de capter une plus grande part de la valeur ajoutée générée par l’industrie mondiale du cacao et du chocolat.

Les deux parties ont estimé que l’avenir du secteur passe désormais par le développement d’unités locales de transformation capables d’alimenter non seulement les marchés internationaux mais également le marché africain.

Avec une population estimée à plus de 1,4 milliard d’habitants, l’Afrique représente un potentiel considérable de consommation encore largement sous-exploité.

Pour les ministres congolais et ivoirien, l’augmentation de la consommation intérieure constitue l’un des leviers permettant de réduire la dépendance des producteurs africains aux fluctuations des marchés internationaux.

Les échanges ont également mis en évidence l’importance de disposer d’une énergie abondante et stable pour soutenir cette ambition industrielle.

À ce sujet, les deux délégations ont souligné l’intérêt stratégique du projet Inga, considéré comme un moteur essentiel du développement industriel régional et un facteur déterminant pour la compétitivité future des industries de transformation.

Une réponse commune à la volatilité des marchés

Les discussions ont par ailleurs porté sur les défis auxquels sont confrontés les producteurs africains face à la volatilité des cours mondiaux du cacao.

Les deux pays ont convenu de renforcer leur concertation afin de défendre plus efficacement les intérêts des producteurs africains dans les instances internationales et d’améliorer les mécanismes de résilience du secteur.

Au-delà des fluctuations des prix, les participants ont également évoqué la progression des produits de substitution utilisés dans certaines industries alimentaires occidentales.

Cette évolution est perçue comme une menace croissante pour les pays producteurs de cacao, dans la mesure où elle pourrait affecter la demande mondiale de fèves naturelles.

Face à cette situation, Kinshasa et Abidjan ont jeté les bases d’une coopération renforcée destinée à promouvoir la qualité du cacao africain et à préserver sa compétitivité sur les marchés internationaux.

La RDC s’inspire de l’expérience ivoirienne

La réunion a également permis d’aborder la question de l’organisation des producteurs et du renforcement des chaînes de valeur locales.

Dans ce domaine, la RDC entend tirer profit de l’expérience ivoirienne, reconnue comme l’une des plus avancées du continent en matière de structuration des coopératives agricoles et d’encadrement des producteurs.

Les deux ministres ont évoqué les possibilités de coopération technique en faveur de l’accompagnement des producteurs congolais, notamment dans les domaines de la formation, de l’organisation des filières et de la commercialisation.

La rencontre d’Abidjan s’inscrit dans une dynamique plus large de rapprochement économique entre la République démocratique du Congo et la Côte d’Ivoire autour des chaînes de valeur africaines.

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