Le retour des réfugiés congolais installés au Burundi figure désormais parmi les priorités humanitaires du gouvernement congolais. Reçue lundi à la Primature par la Première ministre Judith Suminwa, la représentante du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Burundi, Brigitte Mukanga, a fait le point sur les avancées du processus de rapatriement volontaire engagé à la faveur de l’amélioration de la situation sécuritaire dans certaines zones de l’Est de la RDC. Alors que plus de 100.000 Congolais avaient trouvé refuge au Burundi l’an dernier, les deux parties ont convenu de renforcer leur coordination afin d’accompagner les retours tout en répondant aux besoins humanitaires persistants des populations déplacées.
La situation des réfugiés congolais vivant au Burundi a été au centre d’une audience accordée lundi à Kinshasa par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka à Brigitte Mukanga, représentante du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Burundi.
Les échanges ont principalement porté sur le suivi des conclusions de la réunion tripartite réunissant la République démocratique du Congo, le Burundi et le HCR, consacrée à la gestion de la crise humanitaire et au rapatriement volontaire des réfugiés congolais.
Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par des mouvements progressifs de retour vers certaines localités de l’Est de la RDC, à la faveur d’une amélioration relative de la situation sécuritaire dans plusieurs zones auparavant affectées par les violences.
Au sortir de l’audience, la représentante de l’agence onusienne a dressé un état des lieux de la situation humanitaire et des opérations de rapatriement déjà engagées.
Plus de 100.000 réfugiés congolais accueillis au Burundi
Selon les chiffres communiqués par le HCR, le Burundi a accueilli au cours de l’année écoulée plus de 100.000 réfugiés congolais ayant fui les affrontements et l’insécurité dans les provinces de l’Est de la RDC.
La majorité de ces populations déplacées provenaient notamment de Bukavu, de Goma ainsi que de plusieurs localités environnantes affectées par les violences armées.
Face à l’amélioration progressive de la situation dans certaines zones, un processus de retour volontaire a déjà été amorcé.
« Avec l’amélioration progressive de la situation sécuritaire dans certaines zones, notamment autour de Bukavu, nous avons déjà entamé un processus de rapatriement volontaire afin de faciliter le retour de certains réfugiés », a déclaré Brigitte Mukanga.
Cette dynamique est suivie de près par les autorités congolaises et les partenaires humanitaires afin de garantir des retours sûrs, volontaires et dignes.
Des besoins humanitaires toujours importants
Malgré les premiers mouvements de retour observés, une grande partie des réfugiés congolais demeure encore présente sur le territoire burundais.
Selon la représentante du HCR, les conditions de vie de nombreux réfugiés restent particulièrement préoccupantes.
« La majorité des Congolais qui se trouvent encore au Burundi vivent dans des conditions particulièrement difficiles », a-t-elle indiqué.
Les besoins concernent notamment l’accès à l’alimentation, aux soins de santé, à l’eau potable, à l’éducation ainsi qu’à des moyens de subsistance durables.
Dans ce contexte, le HCR estime indispensable de maintenir une mobilisation accrue des partenaires nationaux et internationaux afin de répondre aux attentes des populations concernées.
Le HCR sollicite un accompagnement renforcé de Kinshasa
Les discussions ont également permis d’évaluer les actions déjà entreprises par le gouvernement congolais en faveur des réfugiés.
Brigitte Mukanga a salué les missions effectuées récemment sur le terrain par la ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale ainsi que par la ministre des Affaires étrangères.
Ces initiatives témoignent, selon elle, de l’implication des autorités congolaises dans la recherche de solutions durables à la crise humanitaire.
Toutefois, les défis demeurent considérables.
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